Au Gabon, les violences en milieu scolaire sont un fléau qui mine le secteur éducatif. Elles sont à la fois verbales, physiques et prennent même la forme de harcèlement. Quelles sanctions sont désormais appliquées ou envisageables pour lutter contre ce fléau ?
La violence en milieu scolaire est une réalité à laquelle le Gabon fait face depuis plusieurs années. En 2024, le ministère de l’Éducation nationale a renforcé les mesures disciplinaires pour répondre à cette situation, et les sanctions sont désormais plus sévères, allant bien au-delà de simples avertissements.
Lorsqu’un élève commet un acte de violence, il risque des sanctions immédiates. Pour les infractions mineures, comme les bagarres ou les insultes, l’élève peut être suspendu temporairement, pour une durée allant de quelques jours à plusieurs semaines. Dans les cas les plus graves, comme les agressions physiques ou le harcèlement persistant, l’exclusion définitive de l’établissement est une option. Cela signifie que l’élève ne pourra plus poursuivre sa scolarité dans l’école où l’infraction a eu lieu.
Pour cette année scolaire 2024-2025, une nouvelle sanction particulièrement dissuasive est introduite pour les cas de récidive ou de violences extrêmes : la suspension de la scolarité pour une période de plusieurs années. Cette sanction peut priver un élève de la possibilité de poursuivre ses études pendant une durée de 1 à 3 ans, retardant ainsi gravement son parcours scolaire.
Dans les cas où la violence dépasse le cadre de simples infractions disciplinaires, le recours à la justice est aussi envisagé. Les élèves majeurs peuvent être poursuivis en justice. D’ailleurs, l’article 148 du nouveau Code pénal dispose que « quiconque, habilité ou autorisé à pénétrer dans un établissement scolaire, y pénètre ou s’y maintient en étant porteur d’une arme sans motif légitime, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 10 000 000 de francs CFA d’amende au plus ».
Si les sanctions sont nécessaires, la prévention reste une priorité. Cette année, les écoles gabonaises devront travailler davantage avec les parents et les communautés locales pour instaurer un climat de dialogue. Des ateliers de médiation et des programmes d’éducation à la non-violence doivent être mis en place pour apprendre aux élèves à gérer les conflits de manière pacifique.
La violence en milieu scolaire au Gabon est désormais encadrée par des sanctions strictes, allant de l’exclusion temporaire à la suspension de la scolarité pendant plusieurs années. Bien que ces mesures visent à dissuader les comportements violents, elles doivent être accompagnées d’efforts de prévention et de sensibilisation pour enrayer durablement ce phénomène.
Naomi Chinyere

