Le procureur général de la République, Eddy Minang, a tenu à rappeler ce jeudi les règles strictes encadrant la délivrance des amendes et les droits des citoyens lors des contrôles judiciaires. Ces précisions interviennent à la veille d’une séance de travail qu’il animera avec les unités judiciaires, notamment la Police judiciaire (PJ), la Direction Générale des Contre-Ingérences et de la Sécurité (B2), la Direction générale des recherches (DGR) et autres, afin de revenir sur les fondamentaux de la procédure judiciaire.
« L’article 267 du Code de procédure pénale fixe l’amende forfaitaire à 10 000 FCFA, uniquement pour les contraventions », a déclaré le procureur Minang. Il a insisté sur le fait que toute amende doit obligatoirement donner lieu à la délivrance d’une quittance officielle. « Il est illégal de retenir une personne, un véhicule ou des documents pour non-paiement immédiat. Une telle rétention constitue une séquestration », a-t-il ajouté, soulignant le caractère répressif, mais encadré de la loi.
Ce rappel intervient dans un contexte où plusieurs abus ont été signalés lors de contrôles routiers et administratifs. Le procureur général entend, à travers sa rencontre avec les forces de l’ordre, renforcer le respect strict de la procédure légale, notamment en matière d’interpellation et de garde à vue.
Selon lui, ces mesures visent à protéger les droits des citoyens tout en permettant aux forces de l’ordre de remplir leur mission dans le cadre légal. Eddy Minang a conclu en appelant à la vigilance et au professionnalisme de tous les agents judiciaires : « Le respect de la loi n’est pas optionnel ; il est la condition de la confiance entre l’État et la population ».
La mise au point du procureur souligne un enjeu récurrent au Gabon : l’écart entre la loi et sa mise en pratique sur le terrain. Si les textes encadrent clairement les amendes et les droits des citoyens, les abus observés révèlent des lacunes dans la formation et le contrôle des agents chargés de les appliquer. Cette initiative pourrait contribuer à réduire les excès, mais son efficacité dépendra de la rigueur du suivi et de la responsabilisation des unités judiciaires.

