L’actualité récente nous rappelle brutalement les dérives que peuvent engendrer les réseaux sociaux. Face à un drame personnel, la curiosité et le partage compulsif l’emportent parfois sur la décence la plus élémentaire. Pourtant, la souffrance d’autrui et la fin d’une vie ne sont pas des contenus de divertissement. Avant d’être des internautes, nous sommes des citoyens liés par un devoir de pudeur et de respect envers les familles éprouvées.
Il est impératif de rappeler qu’Internet n’est pas une zone de non-droit. Ce que nous publions ou relayons nous engage personnellement, tant moralement que juridiquement. Au Gabon, le cadre légal est strict pour protéger l’intégrité de chacun. La Loi n°027/2023 du 11 juillet 2023 sur la cybersécurité et la cybercriminalité stipule que la publication ou le partage d’un contenu engage la responsabilité pénale de son auteur. Le Code pénal révisé en 2021 sanctionne sévèrement l’atteinte à la vie privée ainsi que la diffusion d’images ou de vidéos d’une personne sans son consentement préalable.
Filmer, publier ou partager les images d’un drame ou d’un acte de désespoir constitue une infraction. La loi est là pour nous rappeler que la liberté d’expression s’arrête là où commence l’outrage à la dignité humaine.
Une responsabilité collective
Le véritable défi aujourd’hui réside dans la sensibilisation. Au-delà des sanctions, c’est notre rapport à l’image qui doit changer. Recevoir une vidéo d’un drame et choisir de ne pas la regarder, et surtout de ne pas la transférer, est un acte de résistance contre la déshumanisation numérique.
Respecter le deuil et la mémoire de ceux qui s’en vont est le socle de notre vivre-ensemble. Pour la dignité de la personne humaine et pour la protection des plus sensibles d’entre nous, faisons preuve de discernement : ne relayons pas l’horreur.

