Après plus d’une décennie marquée par un gel des recrutements, le ministère des Mines amorce un tournant décisif en matière de ressources humaines. L’objectif affiché est de renforcer ses capacités techniques pour accompagner l’essor des projets miniers en cours et à venir.
Selon le ministre des Mines et des Ressources géologiques, Sosthène Nguema Nguema, une première étape concrète a déjà été franchie avec l’intégration de nouveaux profils au sein de l’administration. « Le ministère des Mines a embauché et transmis plus de 168 fiches bleues. Parmi elles, nous comptons un nombre important de géologues recrutés. Nous attendons désormais l’octroi des postes budgétaires afin qu’ils puissent entrer effectivement en service », a-t-il indiqué.
Cette dynamique intervient après une longue période d’inertie. Pendant plus de dix ans, voire quatorze ans, aucun recrutement n’avait été effectué au sein du département ministériel, en raison du gel des embauches dans la fonction publique. Une situation qui a contribué à fragiliser les capacités opérationnelles du ministère, malgré la disponibilité de compétences nationales.
Au-delà des nouveaux recrutements, le ministère entend également optimiser l’utilisation des ressources humaines existantes. Plusieurs profils qualifiés, notamment des géologues affectés dans d’autres administrations, pourraient être redéployés vers le secteur minier.
Le constat est sans appel : certains spécialistes exercent aujourd’hui dans des domaines éloignés de leur formation, alors même que le secteur minier enregistre une demande croissante en expertise technique. Parallèlement, les autorités tiennent à rassurer sur la qualité de la formation des jeunes Gabonais dans le domaine minier. Contrairement à certaines rumeurs relayées sur les réseaux sociaux, les étudiants envoyés à l’étranger, notamment en Australie, affichent des résultats jugés satisfaisants.
Le ministre a tenu à clarifier : « La grande majorité des étudiants poursuit normalement son cursus, avec un seul cas de réorientation enregistré », ajoute-t-il. Une mise au point qui vise à contrer la désinformation et à réaffirmer la crédibilité des investissements de l’État dans la formation.
D’autres programmes de formation sont également en cours, avec des étudiants en spécialisation en Côte d’Ivoire ou encore dans des écoles nationales, notamment à Moanda. Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie globale visant à constituer un vivier de compétences locales capables de soutenir le développement du secteur.
L’enjeu reste désormais l’insertion professionnelle de ces jeunes talents. Avec l’ouverture annoncée de nouvelles mines, notamment à Milingui et Baniaka, les perspectives se précisent. Près de 500 emplois directs pourraient être générés à court terme pour les jeunes Gabonais.
Toutefois, les autorités rappellent que les projets miniers s’inscrivent dans le temps long. Entre les phases d’exploration et d’exploitation, plusieurs années sont nécessaires avant d’atteindre la pleine capacité de production.
Cette relance du recrutement s’inscrit dans une réforme plus large du secteur minier gabonais, marquée par la modernisation du cadre réglementaire, la promotion du cadastre minier et la volonté d’attirer de nouveaux investisseurs.
Dans ce contexte, le renforcement des ressources humaines apparaît comme un levier essentiel pour accompagner la transformation du secteur et garantir une meilleure valorisation des ressources naturelles du pays.

