Ce samedi 21 mars 2026, le Gabon célèbre le Mvet Oyeng. Bien plus qu’une simple fête culturelle, cette journée est une immersion dans ce qui définit l’identité gabonaise. Si l’inscription de cet art au patrimoine immatériel de l’humanité par l’UNESCO a marqué une reconnaissance mondiale historique, l’essentiel reste ailleurs : dans le son des cordes et le souffle du conteur.
Le terme « Mvet Oyeng » est une trinité. Il désigne à la fois l’instrument, cette harpe-cithare dont les cordes résonnent sur des calebasses, le récit épique qu’il porte, et le musicien-conteur lui-même, le mbôm-mvet. Entrer dans une représentation de Mvet, c’est entrer dans un dialogue. Ici, le public ne se contente pas de regarder : il participe, tape des mains, joue des baguettes et répond au conteur. C’est un art total qui explore la philosophie, la spiritualité et cette quête éternelle de l’immortalité qui habite les récits mythiques d’Afrique centrale.
Entre sacré et populaire
Le Mvet possède deux visages. Il y a la forme sacrée, réservée aux initiés et transmise selon un processus strict lors d’événements majeurs de la vie communautaire. Elle est le gardien des secrets et des valeurs les plus anciennes. Et il y a la forme populaire, plus souple, qui s’invite dans les célébrations publiques et les spectacles modernes, permettant à chaque génération de se réapproprier cette poésie épique.
Comme le rappelle le Dr Thierry Patrick Nzamba Nzamba : « Que les oreilles écoutent, qu’elles écoutent le Mvet ». Cet appel n’est pas seulement une invitation à entendre une mélodie, c’est une invitation à recevoir la sagesse qu’elle porte.
Un héritage vivant à préserver
Célébrer le Mvet aujourd’hui, c’est affirmer que notre richesse culturelle n’est pas un vestige du passé, mais un socle solide pour l’avenir. En renforçant la visibilité de ces savoirs traditionnels, nous assurons leur pérennité et leur transmission aux nouvelles générations. C’est en maîtrisant nos propres récits et en faisant résonner notre musique ancestrale que nous gardons vivante l’âme du Gabon, tout en offrant au monde une part unique de notre patrimoine partagé.

