Le 23 mars, comme chaque année, le Gabon célèbre la Journée nationale de l’enseignant. Placée sous le thème : « Revalorisation de la fonction enseignante, un levier de l’encadrement de la jeunesse dans la 5e République », cette date rappelle non seulement les sacrifices de ceux qui œuvrent pour l’éducation, mais aussi les luttes passées et présentes pour améliorer les conditions de travail dans ce secteur essentiel. Cette journée est l’occasion de rendre hommage à la profession et d’affirmer son rôle fondamental dans la formation de la jeunesse, future relève de la nation.
Dans ce contexte, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a tenu à adresser un message aux enseignants. « C’est avec un profond sentiment patriotique que je me prête à l’exercice respectueux de célébrer avec vous la Journée nationale de l’enseignant. Ce choix est d’autant plus significatif qu’il y a encore quelques jours, quelques semaines seulement, notre pays a traversé une grave crise dans le secteur de l’éducation », a-t-il déclaré.
Cette année, la ministre de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, a tenu à célébrer la Journée nationale de l’enseignant au sein de son département ministériel, aux côtés du personnel enseignant et administratif. Dans une allocution empreinte d’émotion et de gratitude, elle a salué l’engagement quotidien des enseignants tout en rappelant la noblesse de leur mission. « Je voudrais simplement vous réitérer toute ma fierté et tout l’honneur que j’ai de travailler avec des collaborateurs très expérimentés, mais surtout de véritables jardiniers d’excellence au quotidien », a déclaré le membre du gouvernement, mettant en lumière le rôle essentiel des enseignants dans la formation des jeunes générations.
Malgré les célébrations de la Journée nationale de l’enseignant, le secteur de l’éducation continue de faire face à des défis importants. Selon le secrétaire général du Syndicat national de l’enseignement technique et professionnel (SYNETECPRO), Gislain Nguema Mve, « le monde de l’éducation est toujours en négociation. Même si des avancées ont été obtenues, nous ne pouvons pas parler de sérénité tant que nos droits ne sont pas pleinement respectés ». Pour lui, la tension dans le secteur est historique : « le secteur de l’éducation est en ébullition depuis 1998, principalement parce que les engagements des gouvernements successifs ne sont pas toujours respectés », a-t-il ajouté.
Pour les enseignants eux-mêmes, la vocation prime sur les difficultés. Madame Andong Obame Nina, professeure d’histoire-géographie, explique ce qui la motive à exercer ce métier : « Ce qui a motivé mon choix d’être enseignante, c’est l’amour des enfants. Je crois fermement qu’en tant qu’éducateurs, nous avons le pouvoir d’inculquer des valeurs fondamentales qui permettront à ces enfants de sortir des difficultés auxquelles ils sont confrontés ». Pour cette dernière, l’enseignement est plus qu’un métier, c’est une mission qui façonne l’avenir du pays et permet de transmettre les valeurs nécessaires à la jeunesse gabonaise pour devenir des citoyens responsables.
Ainsi, la Journée nationale de l’enseignant au Gabon est à la fois une célébration et un rappel des enjeux persistants. Elle honore ceux qui consacrent leur vie à l’éducation, tout en mettant en lumière les défis structurels et les revendications encore en cours dans le secteur.
Comme le rappelle le secrétaire général du SENA : « Même si nous célébrons cette journée, nous restons vigilants et attentifs au respect des engagements du gouvernement. L’avenir de nos enfants et de notre pays dépend directement de la qualité et des conditions de l’enseignement. ».
Cette détermination des enseignants, bien qu’empreinte de frustration, reste une force vive pour l’éducation nationale. Leur combat ne se limite pas à des revendications salariales ou à des conditions de travail : il s’agit avant tout de garantir un avenir meilleur pour les enfants du Gabon, en offrant une éducation de qualité et en assurant la pérennité d’un système scolaire solide. Cette journée reste donc un moment symbolique pour célébrer, réfléchir et agir, afin que l’éducation gabonaise continue de former la relève avec dignité et excellence.

