Lundi 16 mars 2026, 274 détenus de la prison centrale de Libreville ont retrouvé la liberté. Cette décision fait suite aux enquêtes menées par la commission administrative mise en place par le ministre de la Justice, dans le cadre d’une politique visant à rendre la justice gabonaise plus équitable.
Après l’examen de plus de 500 dossiers, la commission a sélectionné 274 détenus pour une remise en liberté immédiate. L’opération poursuit plusieurs objectifs : réduire la surpopulation carcérale, respecter les droits des détenus et favoriser leur réinsertion dans la société. « La nouvelle Constitution de la République, en son article 16, énonce clairement que nul ne peut être détenu préventif au-delà du délai ou du temps fixé par la loi », a rappelé Apolinaire Ondo Mve, inspecteur général des services judiciaires.
La prison centrale de Libreville, initialement conçue pour 300 à 500 détenus, accueille aujourd’hui plus de 3 500 personnes, dont environ 85 % en détention préventive. Dans certaines cellules, 6 à 10 personnes se partagent une seule place, illustrant la gravité de la situation et la nécessité de réformes. « Le ministère de la Justice est là pour veiller au respect de l’application de la règle de droit. Lorsqu’elle est violée, on sanctionne et la prison, c’est un des cadres de ces sanctions », a indiqué Austin Emane, Ministre de la Justice.
Le membre du gouvernement insiste sur le fait que la réinsertion des anciens détenus ne relève pas de la direction de la prison : « Une fois que les gens ont franchi le seuil de la prison, ce n’est pas au directeur de s’occuper des questions de réinsertion. Il y a d’autres administrations autrement plus compétentes », ajoute-t-il. La libération des détenus suscite des réactions positives parmi ceux qui ont directement vécu la détention abusive ou prolongée. Plusieurs anciens prisonniers ont tenu à exprimer leur gratitude envers les autorités, reconnaissant l’attention portée à leur situation et l’effort du ministère pour rétablir une justice plus équitable.
« Je tiens à remercier le ministre de la Justice qui s’est imprégné des cas des prisonniers en détention abusive, et de ceux qui sont incarcérés sans avoir reçu le résultat de leur audience. Nous le remercions beaucoup », a témoigné un ancien détenu. Une reconnaissance qui illustre à quel point la justice, lorsqu’elle se montre humaine et attentive, peut transformer des vies et redonner espoir à ceux qui ont été oubliés par le système.
Cette initiative marque un premier pas concret vers une justice plus humaine et équitable, tout en répondant à un impératif urgent : réduire la surpopulation carcérale et garantir le respect des droits des détenus, conformément à la nouvelle Constitution gabonaise.

