Le Gabon amorce une nouvelle étape dans la consolidation de son processus démocratique. Une table ronde nationale consacrée à l’évaluation des élections organisées entre 2024 et 2025 s’est ouverte mardi à Libreville, avec pour objectif de tirer les enseignements des scrutins passés et de préparer des réformes en profondeur.
Organisée avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), cette rencontre réunit plusieurs acteurs institutionnels et partenaires techniques autour d’un même enjeu : identifier les failles du système électoral et proposer des solutions concrètes pour renforcer sa crédibilité. Les travaux, prévus jusqu’au 1er avril, portent notamment sur les conditions de candidature, l’introduction du bulletin unique, la gestion des scrutins et l’harmonisation du calendrier électoral.
Un exercice de diagnostic et de projection
À l’ouverture des travaux, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a rappelé que cette initiative répond à une orientation claire du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, formulée lors de son adresse à la Nation de fin d’année. Il s’agit, selon lui, de procéder à une analyse rigoureuse des élections passées afin d’engager, sans délai, une réforme du système électoral.
Même son de cloche du côté du ministère de l’Intérieur. Pour Adrien Nguema Mba, les conclusions de cette table ronde ne doivent pas se limiter à des ajustements techniques. L’ambition affichée est celle d’une refonte en profondeur, capable de renforcer durablement la confiance des citoyens dans le processus électoral et de consolider la stabilité démocratique.
Des attentes fortes autour des réformes
Partenaire de l’initiative, le PNUD insiste sur la nécessité d’aboutir à des recommandations structurées et opérationnelles. Pour sa représentante résidente, Rokya Ye-Dieng, les échanges doivent permettre de dégager des axes prioritaires de réforme, en cohérence avec les nouvelles orientations institutionnelles, notamment la Constitution et le Code électoral récemment adoptés.
Les travaux en ateliers devraient ainsi aborder plusieurs dimensions clés : l’évaluation des différentes phases du processus électoral, le fonctionnement des organes en charge des élections, la gestion logistique des scrutins, ainsi que le traitement du contentieux électoral.
Dans la continuité de la Transition
Cette initiative s’inscrit dans le prolongement du processus engagé après les événements du 30 août 2023, qui ont conduit les autorités de la Transition à solliciter l’accompagnement des Nations unies. L’objectif était alors de baliser le retour à l’ordre constitutionnel à travers l’organisation d’échéances électorales entre 2024 et 2025.
Avec cette table ronde, les autorités entendent désormais franchir un cap : passer de l’organisation des scrutins à l’amélioration durable du cadre électoral. Un enjeu central pour crédibiliser les futures consultations et consolider les bases institutionnelles du pays.

