Au Gabon, la dot, élément central du mariage coutumier, suscite de vifs débats. Si certains la considèrent comme une pratique incontournable liée à la célébration du mariage, d’autres s’interrogent sur sa pertinence, notamment en raison de sa monétisation croissante.
Alors que la question de l’institutionnalisation et de la création d’un code coutumier a été au cœur des discussions du dialogue national inclusif d’avril dernier, la question se pose : peut-on célébrer un mariage coutumier sans dot ?
« La dot est tellement sacrée qu’on ne peut pas s’en débarrasser pour organiser un mariage coutumier. Il faut éviter de moderniser en désacralisant cette tradition », affirme la magistrate Sidonie Flore Ouwé.
Pourtant, la dot est souvent perçue comme une simple valeur marchande, occultant sa dimension symbolique. « La dot, ce n’est pas seulement de l’argent, mais aussi des éléments traditionnels qui ont chacun une signification pour la vie future du couple », rappelle la traditionnaliste Melviva Benga Bengone.
Bien que la loi gabonaise de 1963 ait interdit la pratique de la dot, elle demeure un élément incontournable du mariage coutumier. « Nous demandons aux autorités actuelles de poursuivre la légalisation du mariage coutumier afin de clarifier cette situation », ajoute Sidonie Flore Ouwé.
Le débat sur la dot et le mariage coutumier est loin d’être clos au Gabon. Il soulève des questions essentielles sur la préservation des traditions, l’évolution des mœurs et la place des femmes dans la société.
MMP

