Le système éducatif gabonais se modernise avec l’harmonisation des coefficients, une mesure qui vise à réduire le taux de redoublement et à promouvoir une évaluation plus juste.
L’année scolaire 2024-2025 est marquée par plusieurs réformes dans le secteur de l’éducation au Gabon. Parmi celles-ci, l’harmonisation des coefficients en 6ᵉ et 5ᵉ suscite l’intérêt. En quoi consiste cette réforme et à quels besoins répond-elle ?
Concrètement, l’harmonisation des coefficients signifie que toutes les matières en 6ᵉ et 5ᵉ ont désormais le même coefficient (1), mettant fin à la surpondération des mathématiques et du français qui avaient auparavant un coefficient de 6. Cette mesure vise à répondre à un besoin pédagogique et à lutter contre le taux de redoublement élevé en classe de 6ᵉ, qui atteint près de 41 % chaque année.
« En harmonisant les coefficients, nous permettons à 20 000 élèves de réussir, simplement en modifiant le système d’évaluation », explique Joachim Ondjila Ognélé, inspecteur des services au ministère de l’Éducation nationale. « Cela libère des places dans les classes et permet aux élèves de développer leurs talents dans toutes les disciplines », ajoute-t-il.
L’ancien système d’évaluation, hérité de la période coloniale, créait un « goulot d’étranglement » en 6ᵉ, avec un changement brutal d’approche pédagogique et de pondération des matières entre le primaire et le secondaire.
« L’harmonisation des coefficients s’inscrit dans une approche par les compétences, qui est indispensable dans le monde d’aujourd’hui […] Il est nécessaire de s’adapter aux nouveaux besoins et de former des élèves dotés de compétences variées », souligne Adrien Makaya, directeur général de l’Institut pédagogique national.
Cette réforme vise à donner un nouveau souffle au système éducatif gabonais. Les nouveaux coefficients ne s’appliqueront qu’à partir du prochain trimestre, permettant aux élèves de s’adapter progressivement à ce nouveau mode d’évaluation.
Linda Ngnigone

