Depuis 2019, l’arrêté n°052 interdit l’implantation de débits de boissons aux abords des établissements scolaires sur l’ensemble du territoire national.
Cette mesure visait à endiguer la recrudescence des actes de violence en milieu scolaire, souvent perpétrés par des élèves sous l’emprise de l’alcool. Pourtant, quatre ans plus tard, la mise en œuvre de cette disposition pose toujours problème.
L’intervention du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), par le biais de son communiqué n°032 de décembre 2023, a rappelé l’urgence de cette problématique.
En interdisant l’ouverture des bars pendant les heures de cours, le CTRI a affirmé sa volonté de protéger la jeunesse gabonaise, souvent victime de l’influence néfaste des débits de boissons situés à proximité des établissements scolaires. Cette nouvelle directive soulève une question cruciale : quelles sanctions sont réellement appliquées aux contrevenants ?
Des sanctions claires, mais une application limitée
Le lieutenant-colonel Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, porte-parole du CTRI, avait précisé que les responsables de ces débits de boissons encourent des sanctions sévères en cas de non-respect des directives. Selon l’arrêté n°052 et l’article 281 de la loi n°006/2020 du 30 juin 202 portant Code pénal, « toute incitation d’un mineur à la consommation d’alcool ou de substances illicites est passible de trois ans de prison ferme et d’une amende de 5 millions de francs CFA ».
Malgré la clarté de ces sanctions, le manque de contrôles rigoureux sur le terrain et l’impunité persistante limitent considérablement leur efficacité. Cette situation n’est pas nouvelle. L’arrêté de 2019, bien que salué à l’époque comme un outil essentiel pour endiguer les violences scolaires, n’a jamais été véritablement appliqué.
Les bars, souvent en activité malgré leur proximité avec les écoles, continuent d’être fréquentés par des élèves, parfois même en uniforme. Rixes, affrontements violents et cas d’ivresse publique sont autant d’incidents qui témoignent de l’inefficacité de cette réglementation.
Une mobilisation nécessaire pour renforcer l’application
Pour que cette mesure soit efficace, il est impératif que les autorités compétentes mettent en place des mécanismes de contrôle rigoureux. Des descentes inopinées dans les zones concernées, une collaboration renforcée avec les forces de sécurité et des campagnes de sensibilisation auprès des opérateurs économiques doivent être prioritaires.
L’application stricte des sanctions prévues par la loi est essentielle pour dissuader les contrevenants et garantir l’ordre public aux abords des établissements scolaires.
Dans un contexte où le président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, a fait de l’épanouissement de la jeunesse une priorité nationale, le rappel à l’ordre du CTRI doit être l’occasion de corriger les lacunes passées.
Seule une réelle volonté politique, traduite par des mesures concrètes et suivies d’effets, permettra de faire respecter cette interdiction et de garantir aux élèves un environnement scolaire sécurisé et propice à leur développement.

