Le gouvernement gabonais a tenu sa première conférence de presse officielle le mercredi 1er avril 2026, à l’auditorium Alexandre Sambat de la chaîne d’information en continu Gabon 24. Cette rencontre marque une volonté affirmée de structurer la communication gouvernementale et de rendre compte de son action. Elle s’inscrit dans une dynamique de transparence et d’explication des réformes engagées depuis la mise en place de l’équipe gouvernementale en janvier 2026.
Les autorités ont présenté le Conseil des ministres du 5 janvier 2026 comme un moment fondateur, ayant posé les bases d’une gouvernance centrée sur l’efficacité et les résultats. Désormais, l’ensemble de l’action publique est aligné sur le Plan national de croissance et de développement (PNCD), devenu le référentiel unique de toutes les politiques publiques.
Cette approche repose sur trois principes majeurs : un pilotage stratégique renforcé, une exigence accrue de redevabilité et une culture de résultats. Une feuille de route sur 100 jours, assortie d’objectifs précis, encadre l’action des membres du gouvernement, soumis à une évaluation régulière.
Plusieurs secteurs jugés prioritaires font l’objet de réformes importantes, notamment les transports, le foncier, le numérique et la planification des investissements publics. « Dans les transports, un dispositif national de recherche et de sauvetage a été mis en place afin d’améliorer la sécurité et de renforcer la conformité du pays aux normes internationales », explique, Charles Edgar Mombo, Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, porte-parole du gouvernement.
Parallèlement, la digitalisation des services s’accélère, avec la modernisation de la délivrance des documents administratifs, notamment les permis de conduire. « C’est une mesure d’anti corruption directe des documents papiers, facilement falsifiables sont remplacés par des données numériques vérifiables en temps réel », ajoute le membre du gouvernement.
Sur le plan foncier, une réforme majeure vise à sécuriser les titres de propriété et à réduire les délais de traitement. L’introduction d’un mécanisme dérogatoire pour les projets stratégiques permet d’accélérer les investissements tout en garantissant la sécurité juridique. La création d’un guichet unique regroupe désormais les différentes administrations impliquées, simplifiant ainsi les démarches pour les citoyens.
Le gouvernement a également engagé une modernisation de l’administration à travers l’adoption de textes encadrant l’archivage électronique et les paiements publics numériques. Ces mesures visent à sécuriser les procédures, limiter les risques de fraude et améliorer la traçabilité des transactions.
Dans le secteur de la communication, des mesures d’encadrement ont été prises pour réguler les contenus numériques et les réseaux sociaux, dans un contexte marqué par des préoccupations liées à la désinformation. Ces réformes s’accompagnent d’un renforcement du cadre juridique et institutionnel, tout en maintenant le principe de la liberté d’expression.
Le début de l’année 2026 est marqué par des tensions sociales dans plusieurs secteurs. Face à cette situation, le gouvernement a privilégié le dialogue avec les partenaires sociaux et mis en place des mécanismes de concertation, notamment à travers des commissions tripartites.
Des mesures concrètes ont été engagées pour améliorer la situation des agents publics, avec des opérations de régularisation, de mise en solde et d’intégration progressive. L’objectif est de corriger des dysfonctionnements anciens et de réduire la précarité dans la fonction publique.
Plusieurs décisions ont été annoncées pour répondre aux préoccupations des citoyens, notamment la lutte contre la vie chère, la réforme de la fiscalité locale, la production massive de titres fonciers et certaines restrictions sur les importations. Ces mesures traduisent une volonté de renforcer la souveraineté économique et d’améliorer le pouvoir d’achat.
Le gouvernement a également fait le point sur le paiement des bourses scolaires et universitaires. D’importants montants ont été débloqués, notamment pour les étudiants à l’étranger : « à l’étranger, puisque c’est là que le bas blesse, le Gabon a payé 13,4 milliards de francs CFA, couvrant les bourses d’octobre 2025 à janvier 2026 », a indiqué le porte parole du gouvernement. Même si des arriérés subsistent, dans un contexte d’austérité, les autorités assurent poursuivre les efforts pour apurer les dettes et stabiliser le système.
Sur le plan international, le Gabon renforce sa présence au sein des organisations régionales et internationales, tout en consolidant ses relations bilatérales. Par ailleurs, face à la dégradation de la situation au Moyen-Orient, une cellule de crise a été mise en place pour assurer le suivi et le rapatriement des ressortissants gabonais, dont plusieurs ont déjà regagné le pays.
À travers cette première conférence de presse, le gouvernement entend installer une nouvelle dynamique fondée sur la performance, la coordination et l’évaluation des politiques publiques. L’ambition affichée est de rompre avec les pratiques passées et de répondre plus efficacement aux attentes des populations. Reste désormais à traduire ces engagements en résultats concrets, dans un contexte marqué par des attentes sociales fortes et des contraintes économiques persistantes.

