Après six ans sous gestion privée, les autorités de la transition ont procédé, lundi 30 décembre 2024, à la rétrocession de la majorité du capital de la Société nationale des bois du Gabon (SNBG) à l’État. Celui-ci détient désormais 63 % des parts, via la Caisse des dépôts et consignations (CDC), contre 37 % pour Arise IIP.
Cette opération économique majeure vient s’ajouter aux précédentes reprises en main d’entreprises stratégiques par l’État, comme CECA-GADIS, Afrijet, Assala Energy et SIAT-Gabon. Cette action symbolique laisse présager un futur recentré sur les intérêts nationaux pour l’économie du pays.
La SNBG, un acteur historique du secteur bois au Gabon
Créée en 1975, la SNBG avait un capital social de 4 milliards FCFA, détenu à hauteur de 51 % par l’État, 43 % par les sociétés forestières et 6 % par les salariés. Ses missions étaient bien définies et visaient à accroître les activités de production du bois sur le territoire national, dont la commercialisation au niveau local et à l’international du bois d’origine gabonaise.
Elle avait également pour objectif de mettre en place des lois et réglementations régulant le secteur et de participer à la promotion ainsi qu’à l’expansion du marché des bois et produits dérivés d’origine gabonaise. Elle avait aussi pour mission la stabilisation des prix de ces bois et produits œuvrés. Telles étaient ses missions principales avant son passage sous contrôle privé en 2018.
Un retour aux sources pour une économie plus souveraine
Aujourd’hui, l’État gabonais a décidé de se ressaisir de cette entreprise, qui jadis était le fleuron de l’économie du pays, en rachetant une part majoritaire de son capital, soit 63%, via la CDC. Arise IIP conservant une participation minoritaire de 37 %. Il est important de noter que l’entreprise affiche des bénéfices depuis 2020 et que son capital social a été augmenté, passant de 10 à 26 milliards de FCFA.
Avec la reprise en main de la SNBG, le Gabon entend relancer la filière bois, qui a historiquement joué un rôle central dans l’économie du pays. Cette ressource stratégique, désormais gérée sous un contrôle national renforcé, permettra de stimuler la création d’emplois, notamment pour les jeunes et dans les zones rurales.
Le Gabon souhaite ainsi mieux se positionner pour conquérir des marchés internationaux dans le domaine du bois, tout en préservant son environnement. La relance de ce secteur s’inscrit dans une vision globale : celle d’une croissance durable, équitable et inclusive.

