Dans le cadre de son cycle de conférences 2025-2026, l’Institut national des sciences de gestion (INSG) a organisé, ce vendredi 23 janvier, une conférence de haut niveau consacrée à la présentation du marché des capitaux. À l’heure où la diversification des sources de financement devient un impératif pour les économies africaines, ce marché s’impose comme un levier stratégique encore insuffisamment exploité. Cette initiative visait à nourrir une réflexion approfondie sur son rôle dans le financement de l’investissement, le soutien aux politiques publiques et l’accompagnement de la transformation structurelle des économies africaines.
Face à un auditoire composé majoritairement d’étudiants, d’enseignants et de personnel administratif, le conférencier François Binet, expert des marchés financiers, s’est attaché à vulgariser le fonctionnement du marché des capitaux, souvent perçu comme complexe ou réservé à une élite. Il a rappelé que ce marché constitue un espace de rencontre entre les besoins de financement à long terme des États et des entreprises, et les capacités d’investissement des épargnants.
« Le marché financier, ou marché des capitaux, est avant tout un lieu de mise en relation entre les agents disposant d’une capacité de financement et ceux ayant un besoin de financement. Autrement dit, il permet à ceux qui disposent d’une épargne de financer ceux qui en ont besoin », a-t-il expliqué, soulignant la nécessité de renforcer la culture financière, en particulier auprès des jeunes.
La conférence a également permis de mettre en lumière les défis structurels auxquels le marché des capitaux est confronté en Afrique, et plus particulièrement dans la zone CEMAC. La faible participation des investisseurs locaux, l’insuffisance et la faible diversification des produits financiers, le déficit de confiance ainsi que la prédominance du financement bancaire figurent parmi les principaux freins identifiés.
Pour autant, François Binet s’est montré résolument optimiste quant aux perspectives d’évolution du secteur. Selon lui, le développement d’un marché des capitaux dynamique constitue un levier incontournable pour diversifier les sources de financement, soutenir les projets d’infrastructures et renforcer la souveraineté économique des États africains. « C’est un vecteur puissant de financement et de croissance. Je salue d’ailleurs la vision des chefs d’État de la sous-région qui, dès le sommet de 2005, ont œuvré à la mise en place de ce modèle économique », a-t-il indiqué, avant de préciser : « L’objectif était clair : offrir aux États une marge de manœuvre financière plus importante, afin de réduire la dépendance excessive aux financements des institutions internationales. »
Au-delà des enjeux macroéconomiques, la conférence a mis en exergue les opportunités professionnelles qu’offre le marché des capitaux aux jeunes diplômés, dans un écosystème en pleine structuration et en quête de compétences locales qualifiées. « Le marché des capitaux offre aux jeunes une double opportunité : investir pour valoriser leur épargne et accéder à de nombreuses perspectives d’emplois et de spécialisation, y compris dans des métiers connexes. À ce titre, l’INSG se positionne comme un levier stratégique de formation pour ce secteur », a déclaré François Binet.
Le conférencier a, par ailleurs, encouragé les étudiants à s’intéresser très tôt à ces métiers, à acquérir une solide base en finance et à cultiver la rigueur, l’éthique et la curiosité intellectuelle.
Pour l’INSG, cette conférence illustre une volonté affirmée de rapprocher la formation académique des réalités économiques et financières, en exposant les étudiants aux mécanismes concrets du marché des capitaux. Les échanges nourris entre le conférencier et le public ont d’ailleurs témoigné d’un réel intérêt pour les perspectives offertes par ce secteur stratégique.
En initiant ce type de rencontres, l’INSG et ses partenaires contribuent à positionner le marché des capitaux comme un outil majeur de développement économique, de souveraineté financière et d’opportunités pour la jeunesse gabonaise.

