Le Gabon est à un tournant stratégique. Malgré un sous-sol riche en pétrole, manganèse, gaz et bois, le pays a souvent dû recourir au Fonds monétaire international (FMI) pour maintenir l’équilibre de ses finances. Pourtant, cette aide devrait rester exceptionnelle. En s’attaquant aux véritables causes des déséquilibres, la corruption et la fuite des capitaux, le pays dispose de tous les moyens pour se financer lui-même et assurer sa prospérité.
La fragilité financière du pays n’est pas due à un manque de ressources, mais à des pratiques qui pourraient limiter l’atteinte aux caisses de l’État. La fuite des capitaux et les flux financiers illicites privent le pays de liquidités essentielles. Parallèlement, la corruption systémique et la gestion opaque des contrats extractifs freinent la mobilisation efficace des revenus. Ces lacunes compromettent non seulement l’investissement public, mais aussi la confiance des citoyens dans l’administration. « Tant que la corruption et l’évaporation des capitaux persistent aucune réformes budgétaire ne peut être durable », a indiqué Ghislain Mapangou Mapangou, économiste.
Selon Ghislain Mapangou Mapangou, rompre avec la dépendance au FMI nécessite une stratégie claire. Plusieurs leviers sont essentiels : protéger le capital national, « chaque franc CFA produit au Gabon doit d’abord servir le développement du pays », renforcer le cadre juridique pour lutter contre la corruption et sécuriser le recouvrement des avoirs détournés, créer des institutions spécialisées pour contrôler les recettes extractives, améliorer la transparence des industries extractives via l’ITIE, auditer les contrats pour garantir leur équité et optimiser les revenus de l’État, et maîtriser les exportations stratégiques en contrôlant volumes et prix, notamment pour le manganèse et le pétrole. « On ne peut pas parler de souveraineté économique sans maîtriser réellement nos ressources », conclut-il.
Concernant le manganèse, dont le Gabon est l’un des principaux producteurs mondiaux, il estime indispensable de renforcer le contrôle des exportations pour éviter les sous-déclarations et les pertes de recettes. Pour l’économiste, sortir de la dépendance au FMI n’est pas seulement un objectif financier, mais un choix politique et moral. Les ressources récupérées pourraient, selon lui, suffire à financer les infrastructures, les écoles, les hôpitaux, mais aussi à apurer les rappels de salaires et à régulariser les situations administratives des agents publics.
La mise en œuvre de ces mesures pourrait permettre au Gabon de financer ses infrastructures, ses écoles et ses hôpitaux, mais aussi de régulariser la situation administrative des agents publics et d’assurer le paiement des rappels. À long terme, cette souveraineté financière offrirait au pays une autonomie durable, réduisant la dépendance aux prêts extérieurs contraignants.
Le Gabon possède donc tous les atouts pour transformer ses ressources naturelles en véritable moteur de développement. La clé réside dans la rigueur, la transparence et une gouvernance qui place l’intérêt national au-dessus des intérêts particuliers.

