La question de la régularisation des agents publics continue de cristalliser les tensions sociales, malgré les chiffres avancés par le gouvernement pour attester de l’effectivité des réformes engagées depuis 2023. Alors que certains syndicats ont décidé de suspendre leur mouvement de grève jusqu’au 25 février, les autorités affirment ne pas être dans une logique dilatoire, mais dans un processus progressif de transformation de la Fonction publique.
L’action gouvernementale s’est traduite par des mesures concrètes, en particulier l’attribution de postes budgétaires dans plusieurs secteurs clés de l’administration. Ainsi, 1 500 postes ont été affectés à l’Éducation nationale, 1 000 à la sécurité publique, 300 dans le cadre de dispositifs spécifiques, 500 à la communication et 500 aux autres administrations. « On ne peut pas dire que le gouvernement ou le président de la République se contentent de parler. Les actes sont là, et les postes budgétaires ont été attribués », soutient Laurence Ndong , ministre de la Fonction publique et du renforcement des capacités, qui insiste sur l’effectivité des intégrations observées dans les administrations concernées.
Selon la ministre de la Fonction publique, dans le secteur de la communication, particulièrement mis en avant, plusieurs jeunes agents ont vu leur situation profondément évoluer. Longtemps cantonnés à des statuts précaires, parfois rémunérés entre 30 000 et 35 000 francs, ils ont accédé à des postes budgétaires, avec pour certains une intégration en catégorie A1.
Au-delà des postes budgétaires, le gouvernement met en avant un ensemble de chiffres qu’il qualifie d’historique dans un contexte de sortie de crise administrative : plus de 6 500 postes budgétaires octroyés durant la période de transition; plus de 11 000 titularisations; plus de 25 000 avancements automatiques; plus de 500 reclassements; 3 546 agents mis en stage, une situation inédite avant 2020. Pour l’exécutif, ces données démontrent que la dynamique de réforme est bel et bien enclenchée, même si elle demeure progressive.
Face aux critiques sur la lenteur du processus, les autorités rappellent que le pays sort de près de dix années de gel des carrières administratives. Une situation qui aurait concerné environ 9 000 agents publics, et jusqu’à 110 000 agents si l’on inclut l’ensemble des corps de l’administration. « Il est irréaliste de penser que plus de 110 000 situations puissent être régularisées en deux ans », martèle Laurence Ndong. Le gouvernement appelle ainsi à une lecture plus réaliste du calendrier des réformes.
Du côté syndical, la prudence reste de mise. Certains mouvements ont décidé de lever temporairement leur grève, tout en conditionnant leur position à l’effectivité des mesures annoncées. Le 25 février est désormais présenté comme une date charnière. Au-delà des chiffres, le Gouvernement insiste sur la dimension humaine de la réforme. « Les agents publics sont le visage humain de l’État », rappelle le ministre de tutelle, soulignant que la mission de la Fonction publique est de restaurer leur dignité, leur fierté et leur reconnaissance.
Un appel est enfin lancé à la patience et à la confiance, rappelant que le président de la République a été élu pour un mandat de sept ans, destiné à conduire une transformation en profondeur d’une administration longtemps délaissée. Si les attentes restent fortes, notamment chez les jeunes agents et les syndicats, l’exécutif estime que les bases sont désormais posées. Le 25 février permettra de mesurer si la confiance accordée peut se traduire par une accalmie sociale durable.

