La République gabonaise a été élue membre du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine, à l’issue de la 48ᵉ session ordinaire du Conseil exécutif de l’organisation continentale, tenue les 11 et 12 février 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie. Une élection qui marque le retour du Gabon au cœur des mécanismes décisionnels africains en matière de paix et de sécurité.
Cette désignation traduit la confiance accordée par les États membres à la diplomatie gabonaise, saluée pour sa constance et son attachement aux principes fondateurs de l’Union africaine. Pour Libreville, il s’agit d’une reconnaissance de son positionnement historique en faveur du dialogue, de la médiation et de la stabilité régionale, dans un contexte continental marqué par la recrudescence des crises sécuritaires et politiques.
Organe clé de l’Architecture africaine de paix et de sécurité, le Conseil de Paix et de Sécurité joue un rôle central dans la prévention et la gestion des conflits, l’alerte précoce, les opérations de maintien de la paix, la médiation, ainsi que la reconstruction post-conflit. En intégrant cette instance, le Gabon s’engage à participer activement aux décisions stratégiques visant à répondre aux défis sécuritaires auxquels l’Afrique est confrontée.
Selon le communiqué signé par la ministre des Affaires étrangères, Marie-Edith Tassyla Doumbeneny, le Gabon entend assumer ce mandat avec responsabilité et solidarité, en œuvrant notamment au renforcement des mécanismes africains d’alerte précoce, à la promotion de solutions africaines aux crises du continent et à la lutte contre les menaces transnationales telles que l’extrémisme violent, les conflits internes et les crises humanitaires.
Cette élection s’inscrit également dans la vision diplomatique portée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui ambitionne de repositionner le Gabon comme un acteur crédible et utile sur la scène africaine. Libreville se dit ainsi disposée à travailler étroitement avec les autres États membres, les organes de l’Union africaine et les partenaires internationaux pour contribuer à une Afrique plus stable et plus sûre.
Au-delà de la portée symbolique, l’entrée du Gabon au Conseil de Paix et de Sécurité constitue un test diplomatique et politique. Dans un continent marqué par des transitions politiques délicates, des conflits persistants et des menaces sécuritaires diffuses, le CPS est une instance stratégique où la parole et les positions des États membres ont un impact réel. Pour le Gabon, ce mandat représente une opportunité de traduire ses engagements en actions concrètes, notamment en matière de médiation, de prévention des crises et de coopération sécuritaire.
Cependant, cette responsabilité implique aussi une exigence de cohérence entre le discours diplomatique et les pratiques internes, notamment en matière de gouvernance, de stabilité institutionnelle et de respect des principes démocratiques. La crédibilité du Gabon au sein du CPS dépendra de sa capacité à proposer des solutions pragmatiques, à jouer un rôle constructif dans les débats et à contribuer efficacement à la recherche de solutions durables aux crises africaines.

