Au Gabon, la question de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) demeure étroitement encadrée par la loi et continue d’alimenter les débats au sein de la société. Si la législation pénale prévoit des sanctions sévères contre l’avortement pratiqué en dehors des cas autorisés, des réformes récentes ont toutefois introduit certaines exceptions afin de prendre en compte des situations médicales ou sociales particulières.
Dans sa logique générale, le droit gabonais considère l’avortement comme une infraction pénale. Le Code pénal encadre strictement l’interruption volontaire de grossesse à travers plusieurs dispositions visant à sanctionner aussi bien les personnes qui pratiquent l’acte que celles qui y participent ou y consentent.
Ainsi, l’article 244 du Code pénal gabonais dispose que toute personne qui, « par aliments, breuvages, médicaments, manœuvres, violences ou tout autre moyen, procure ou tente de procurer l’avortement d’une femme enceinte ou supposée enceinte », encourt une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq ans, assortie d’une amende. Cette sanction s’applique que la femme ait consenti ou non à l’acte.
La législation se montre encore plus sévère lorsque ces pratiques sont exercées de manière habituelle. Dans ce cas, les peines peuvent atteindre dix ans d’emprisonnement. Les professionnels de santé reconnus coupables, notamment les médecins, sages-femmes ou infirmiers, s’exposent également à des sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’à l’interdiction d’exercer.
De son côté, l’article 245 du même Code pénal vise la femme qui pratique elle-même l’avortement ou qui accepte qu’il soit pratiqué sur elle. Dans ces circonstances, la loi prévoit une peine pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement, accompagnée d’une amende.
Toutefois, la réforme du Code pénal adoptée par la loi n°042/2018, entrée en vigueur en 2019, a introduit des dérogations dans des situations bien précises. L’interruption volontaire de grossesse peut ainsi être autorisée lorsque la grossesse met gravement en danger la vie de la mère, en cas de malformation grave ou incurable du fœtus, ou encore lorsque la grossesse résulte d’un viol ou d’un inceste.
Dans ces cas exceptionnels, l’intervention doit impérativement être pratiquée dans un cadre médical strict et dans le respect des procédures prévues par la loi, notamment après avis médical et dans un délai légal généralement situé autour de douze semaines de grossesse.
Malgré ces évolutions juridiques, la question de l’avortement reste particulièrement sensible au Gabon. Entre exigences légales, réalités sanitaires et considérations culturelles ou religieuses, le sujet continue de susciter un débat public nourri, révélant les tensions entre protection de la vie, santé des femmes et évolution des normes sociales.

