On oublie parfois les leçons de géographie ou les dates de l’histoire, mais on n’oublie jamais le visage de celui qui nous a donné confiance en nous. Derrière chaque adulte accompli, il y a souvent l’ombre d’un maître ou d’une maîtresse qui a su voir plus loin que les notes. À l’occasion de la Journée de l’Enseignant, des voix s’élèvent pour dire « merci » à ces bâtisseurs d’âmes.
Le plaisir d’apprendre en chantant
Pour Solenn Nkene, ce visage est celui de Mr Milandou, à l’école Bambino Village d’Owendo. Un maître de CE2 dont la pédagogie ne passait pas par le jugement ou le rabaissement, mais par la joie. « C’était un monsieur qui nous transmettait le plaisir de la connaissance », se souvient-elle avec émotion.
Pour faire entrer les leçons, Mr Milandou avait un secret : la musique. En créant des chansons que ses élèves fredonnent encore des années plus tard, il a prouvé que la discipline et l’amour du travail n’étaient pas incompatibles avec le rire. Il n’était pas juste un instructeur, il était une présence drôle et disponible, prouvant que l’on peut apprendre avec sérieux sans jamais se prendre au sérieux.
La patience comme leçon de vie
Au Lycée d’Application Nelson Mandela, c’est Mme Asseh qui a laissé une trace indélébile dans l’esprit de Daniel Ange Borobo. Ici, ce n’est pas seulement la structure du cours qui a marqué l’élève, mais l’humanité de l’enseignante. Dans une salle de classe parfois bruyante ou distraite, Mme Asseh s’intéressait à la compréhension de chacun, un par un.
« Elle était patiente et était devenue plus qu’une enseignante », confie Daniel. Au-delà des matières scolaires, elle lui a transmis des outils bien plus précieux pour l’avenir : la patience et, surtout, une méthode pour réfléchir et analyser les situations de la vie. Une leçon qui dépasse largement les murs du lycée.
Une empreinte pour l’éternité
Ces témoignages nous rappellent que le plus beau cadeau qu’un enseignant puisse faire à ses élèves, ce n’est pas seulement un diplôme, c’est une manière d’être au monde. Que ce soit par une chanson de Mr Milandou ou par la patience de Mme Asseh, ces enseignants ont compris que leur mission était sacrée.
Ils ne se sont pas contentés de remplir des cerveaux ; ils ont éclairé des chemins . Le 23 mars , rendre hommage à ces maîtres, c’est reconnaître que l’éducation est avant tout une rencontre humaine, un héritage de cœur qui se transmet de génération en génération.

