Le procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville, Dick Fabrice Boungou Mickolo, a tenu une conférence de presse le 16 avril 2026 au Palais de justice, à la suite de l’arrestation de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze.
Selon le parquet, cette interpellation s’inscrit dans le cadre d’une enquête ouverte après une plainte déposée le 7 avril 2026 par une citoyenne gabonaise. Celle-ci porte sur le non-remboursement d’une somme d’argent remise au mis en cause. Lors de son intervention, le procureur a précisé que « les faits dénoncés concernent le non-remboursement d’une somme de 5 millions de francs CFA, qui aurait été remise dans le cadre de l’organisation des festivités de la Fête des cultures », ajoutant qu’« à ce jour, la plaignante ne serait toujours pas entrée en possession de son argent ».
Le parquet a indiqué qu’une enquête préliminaire est en cours, menée par les services compétents, pour des faits présumés d’escroquerie et d’abus de confiance. « Les investigations se poursuivent sous la direction du parquet afin d’établir la matérialité des faits et d’en tirer toutes les conséquences procédurales utiles », a déclaré le magistrat. Il a également rappelé un principe fondamental du droit : « La personne mise en cause bénéficie pleinement de la présomption d’innocence, principe à valeur constitutionnelle dont le respect s’impose à tous. »
Au cours de cette conférence de presse, le procureur a tenu à réaffirmer l’indépendance de la justice : « L’autorité judiciaire agit en toute indépendance, dans le strict respect de la loi, avec la même rigueur, sans considération de la qualité de la personne concernée. ». Enfin, le parquet a appelé au respect du secret de l’enquête ainsi qu’à la retenue de chacun, « dans l’intérêt de la sérénité de la procédure et des droits des parties ». L’enquête se poursuit sous la direction du parquet de Libreville.
Peu avant le communiqué du parquet, le parti Ensemble pour le Gabon a dénoncé dans un communiqué, l’arrestation de son président, Alain-Claude Bilie-By-Nze, qu’il juge arbitraire et contraire aux principes de l’État de droit, estimant qu’elle s’inscrit dans une affaire ancienne liée à une créance relevant, selon lui, de la responsabilité de l’État et non d’un individu. S’interrogeant sur la base juridique et les conditions de cette interpellation, le parti y voit une manœuvre politique visant à affaiblir l’opposition et alerte sur une dégradation du climat démocratique.
Il exige la transparence sur les charges retenues, le respect strict des procédures judiciaires ainsi que la libération de son leader, tout en appelant les autorités à garantir un cadre apaisé, respectueux des institutions et des libertés fondamentales. En attendant les conclusions de l’enquête, les autorités judiciaires rappellent que seules les investigations permettront d’établir les responsabilités.

