Dans le quartier d’Avea, dans le 2ème arrondissement de la commune de Libreville, s’approvisionner en eau est devenu un véritable parcours du combattant. Entre dégradations répétées, vols d’équipements et insalubrité persistante autour du point de puisage, les habitants dénoncent une situation qui menace directement leur santé. Un problème qui s’enlise depuis plus de deux ans.
Là où l’eau devrait être synonyme de vie, elle est désormais source d’inquiétude. La pompe du quartier, principale source d’approvisionnement, est aujourd’hui dans un état de dégradation avancé. « Ce n’est pas hygiénique, nous tombons malades à cause de cette eau », alerte une riveraine. En cause : des installations vétustes et un environnement immédiat fortement dégradé. Les conduites, exposées à la saleté ambiante, ne garantissent plus une qualité d’eau acceptable. Malgré les initiatives de certains jeunes pour nettoyer et désherber les abords, le manque de moyens limite considérablement l’impact de leurs actions.
Vols à répétition : des efforts réduits à néant
À cette insalubrité s’ajoute un autre fléau : le vol récurrent des équipements. Les habitants, qui s’organisent ponctuellement pour améliorer les installations, voient leurs efforts systématiquement anéantis. « Nous avons cotisé pour acheter des robinets, mais ils ont été volés presque aussitôt », déplore une jeune résidente. Ces actes de vandalisme, attribués à certains jeunes du quartier, compromettent durablement l’accès à l’eau et alimentent un sentiment d’impuissance collective.
Un espace vital transformé en dépotoir
Au-delà des actes de vandalisme, c’est aussi le comportement de certains usagers qui est pointé du doigt. Le site de la pompe, pourtant destiné à un usage domestique essentiel, boire, cuisiner, se laver, est aujourd’hui envahi par les déchets. Ordures ménagères, eaux stagnantes et odeurs d’urine dégradent un espace censé être protégé. « Beaucoup oublient que cet endroit est utilisé par tout le quartier », regrette une habitante.
Face à cette situation, Avea semble pris dans un cercle vicieux. Si la mobilisation locale témoigne d’une volonté réelle d’améliorer les conditions de vie, elle se heurte à un manque de civisme persistant. Plus qu’un simple problème d’infrastructures, la crise actuelle révèle un enjeu plus profond : celui de la responsabilité collective. Sans un sursaut des comportements, l’accès à une eau potable et salubre restera, pour de nombreux habitants, un objectif hors de portée.

