C’est une victoire sans appel. Romuald Wadagni, ministre des Finances et dauphin désigné de Patrice Talon, remporte l’élection présidentielle dès le premier tour. Avec un score écrasant selon les résultats provisoires, il s’apprête à prendre les clés de la Marina pour poursuivre l’œuvre de transformation économique du pays.
Les chiffres publiés par la Commission électorale nationale indépendante (Cena) confirment ce que beaucoup prédisaient : un véritable « rouleau compresseur ». Sur la base de 90 % des bulletins dépouillés, Romuald Wadagni dépasse la barre des 94 %. Face à lui, l’unique opposant en lice, Paul Hounkpè, a rapidement pris acte de la situation en adressant ses « félicitations républicaines » au vainqueur. Pour les observateurs, l’absence du principal parti d’opposition, faute de parrainages, avait déjà largement balisé le terrain pour la majorité.
Formé à Harvard et expert reconnu en finances, Romuald Wadagni n’est pas un inconnu. Il est l’homme derrière les performances économiques du Bénin ces dix dernières années. Son élection marque une volonté de continuité avec l’ère Talon, dont il compte pérenniser les réformes. Le président sortant, qui a réaffirmé son intention de prendre sa retraite à 67 ans, laisse derrière lui un pays transformé mais confronté à une baisse des libertés publiques et à une menace sécuritaire persistante dans le Nord.
Si la Cena salue un scrutin organisé dans le calme avec une participation de 58,75 %, le tableau n’est pas sans nuances. Dans les grandes villes comme Cotonou, l’affluence est restée faible et des voix au sein de la société civile pointent du doigt des irrégularités. Pour le nouveau président, le défi sera double : maintenir la dynamique de croissance tout en la rendant plus inclusive. Avec une pauvreté qui touche encore 30 % de la population, la lutte contre la vie chère est désormais l’une des attentes prioritaires des Béninois.
Outre l’économie, Romuald Wadagni devra s’attaquer de front à la montée des violences djihadistes à la frontière nord. La stabilité du pays et la gestion des libertés seront scrutées par la communauté internationale. Alors que la Cour constitutionnelle doit encore proclamer les résultats définitifs, le futur chef de l’État sait que son véritable examen commencera sur le terrain social, là où les fruits de la croissance sont attendus dans chaque foyer.

