Au premier jour de la nouvelle année, c’est le moment où tout le monde commence à regarder l’année qui vient de passer. Pour certains, c’est un super outil pour avancer, mais pour d’autres, c’est une grosse source de pression. Alors, comment faire le point sans se prendre la tête ?
À Libreville comme ailleurs, le passage à la nouvelle année est souvent l’heure des comptes. Si beaucoup s’affichent sur les réseaux avec des réussites étincelantes, la réalité du bilan est parfois plus lourde à porter. Est-ce un outil pour avancer ou un tribunal qui nous stresse ?
Pour Solenn Nke, faire l’inventaire de son année est essentiel pour savoir quelle personne on a été et comment s’améliorer. Mais elle refuse de rentrer dans la course aux résultats bruts. Son premier indicateur , c’est le cœur. « Je regarde d’abord si j’ai été heureuse. Si mentalement, je ne vais pas bien, tout ce qui suit n’a aucune saveur », confie-t-elle. Pour elle, on peut avoir réussi tous ses objectifs à 100%, si la paix intérieure n’est pas là, c’est un échec. Une vision qui rappelle que la réussite, ce n’est pas seulement ce qui se voit dehors, mais surtout comment on se sent dedans.
Le bilan comme une boussole, pas un tribunal
De son côté, Genèse Moukaha voit le bilan comme un « miroir ». Pas besoin de se faire la guerre ou de se juger sans pitié. Pour lui, le plus important, ce sont les progrès invisibles : ceux que l’on fait dans son caractère ou sa façon de gérer les difficultés du quotidien.
« Les réussites donnent la confiance, les échecs apprennent l’humilité, mais les progrès racontent l’évolution de l’intérieur », explique-t-il. Pour Genèse, le bilan doit être un moment de lucidité qui sert de boussole pour ne pas naviguer à vue en janvier. C’est en étant honnête sur ses limites qu’on construit une route solide.
« On est humains, c’est ok de ne pas être parfait »
Mais alors, comment faire son bilan sans finir avec une migraine ou un sentiment de culpabilité ? Nos deux intervenants conseillent de « baisser la pression« . Solenn Nke rappelle une vérité simple : « C’est ok de ne pas atteindre ses objectifs, d’être fatigué ou même d’avoir eu la flemme. À la fin de la journée, nous sommes des humains ». Si ça n’a pas marché cette année, ce n’est pas la fin du monde : on revoit la méthode et on recommence, car comme on dit chez nous, “chaque chose en son temps”.
Genèse Moukaha conclut en invitant à mettre un peu de « merci » dans nos analyses : « Accepter que tout ne soit pas parfait et avoir de la gratitude rend l’exercice apaisant, presque réparateur ». En somme, que votre année ait été riche ou difficile, le bilan ne doit pas être une punition. C’est juste un moment pour respirer un coup, se dire « bravo » pour les combats menés, et repartir sur de meilleures bases.

