Le ton monte entre les Nations Unies et le Burkina Faso. Volker Türk, le chef des droits de l’homme à l’ONU, a lancé un appel clair au gouvernement : il faut arrêter de vouloir interdire les partis politiques. Pour lui, faire taire les voix différentes n’est jamais la bonne solution pour ramener la paix.
Depuis le coup d’État de 2022, le capitaine Ibrahim Traoré a serré la vis. Le régime a même annoncé qu’il voulait dissoudre les partis politiques, expliquant assumer le fait de ne pas être une démocratie. Mais derrière ces décisions politiques, ce sont des hommes et des femmes qui en souffrent. L’ONU continue de recevoir des alertes sur des disparitions forcées et des arrestations de journalistes ou de magistrats.
Volker Türk a été très direct sur l’impact de ces mesures : « Ce n’est pas un pas dans la bonne direction pour les droits humains du peuple du Burkina Faso ».
Pour lui, on ne peut pas construire l’avenir d’un pays en excluant ceux qui pensent différemment. Il insiste sur le fait qu’une société a besoin de respirer pour être solide : « Un véritable espace civique et démocratique, permettant l’expression de voix pluralistes des partis et organisations politiques, et un Etat de droit renforcé sont essentiels à une paix, une sécurité et une cohésion sociale durables au Burkina Faso ».
L’ONU demande donc aux autorités de faire marche arrière sur les lois qui bloquent les libertés et de laisser l’aide humanitaire circuler librement. En décembre dernier, le gouvernement s’était engagé à respecter les droits humains. Aujourd’hui, le message du Haut-Commissaire est un rappel à l’ordre : ces promesses doivent devenir une réalité sur le terrain, et vite.
Au fond, cet appel de l’ONU est un rappel essentiel : aucune sécurité ne peut justifier que l’on étouffe la voix d’un peuple. Pour que le Burkina Faso retrouve sa force, il doit protéger ses citoyens autant que ses frontières. La vraie paix ne se gagne pas par le silence, mais par le respect de la dignité de chacun.
