Le Gabon accueille, depuis mardi 9 juillet, la 19ᵉ conférence des directeurs généraux et des chefs des services du Comité des services de renseignement et de sécurité africains (CISSA). Cette rencontre de haut niveau, à laquelle a assisté le président de la transition au Gabon, le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, se penche sur les défis sécuritaires majeurs auxquels le continent africain est confronté.
Le président en exercice du CISSA, le général Étienne Madama Mahoundi, a souligné l’importance pour la communauté des services de renseignement d’anticiper son rôle futur face à l’évolution constante des menaces sécuritaires.
« La région des Grands Lacs est loin d’être pacifiée. En Afrique centrale, les actions conjuguées de Boko Haram et les mouvements séparatistes restent des préoccupations de premier plan. Le Soudan continue de faire l’objet d’incursions extérieures. Nos territoires sont de plus en plus érigés en plateformes de trafic de produits psychotropes et en lieux de blanchiments de capitaux. Ce panorama préoccupant demande à ce que le CISA prenne davantage de place au cœur d’une Afrique en perpétuelle mutation », a-t-il souligné.
Les discussions porteront notamment sur la lutte contre le terrorisme, la cybercriminalité et autres menaces transnationales, dans le but de renforcer les capacités des services de renseignement africains. Brice Clotaire Oligui Nguema, ancien chef des services de renseignements de la Garde républicaine (GR), a exprimé sa compréhension de la complexité des missions qui incombent aux membres du CISSA.
« L’attractivité du potentiel de nos régions respectives fait du continent africain un théâtre d’intérêt géostratégique. Cette configuration, qui détermine la politique internationale à notre endroit, porte aussi des germes de tensions diverses. Afin de prévenir ces situations potentiellement critiques et compte tenu des évolutions de notre environnement, votre communauté a pour mission d’être l’avant-garde de ces menaces potentielles. Ces menaces ne peuvent être détectées si la mutualisation de l’effort de renseignement n’est pas effective », a déclaré le chef de l’État gabonais.
Depuis sa création en 2004, le CISSA s’investit activement dans le renforcement de la sécurité et de la stabilité en Afrique. L’ouverture de cette session marque le début d’une série d’événements cruciaux pour l’organisation, qui œuvre à l’amélioration des politiques de sécurité et de renseignement sur tout le continent.
Miguel Mabicka

