Dans une déclaration relayée par la chaîne en continu Gabon 24, le lundi 22 février 2026, au cours d’une émission, Philippe Tonangoye, ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, a réaffirmé l’engagement du gouvernement à opérer une réforme en profondeur du secteur de l’eau et de l’électricité, inscrite dans l’axe 3 du projet de société du chef de l’État. Cette initiative vise à séparer les activités liées à l’eau de celles de l’énergie, dans le but de renforcer la performance, la transparence et la viabilité des services publics essentiels.
La réforme concerne notamment la rationalisation de la gouvernance de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG), jusqu’alors l’opérateur unique gérant à la fois l’eau et l’électricité. Les travaux préparatoires pour séparer ces deux activités en entités juridiques distinctes sont déjà engagés, avec des études portant sur la certification des comptes, une évaluation patrimoniale ainsi que la structuration juridique et actionnariale des futures sociétés.
« La séparation des activités actuellement regroupées au sein de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) nécessitera environ 50 semaines de travail à compter du 1er janvier 2026, pour une mise en œuvre effective en janvier 2027 », a indiqué Philippe Tonangoye, ministre de l’accès universelle à l’eau et l’énergie.
Au-delà de la SEEG, c’est toute l’architecture institutionnelle du secteur qui sera revue. Le ministre a dénoncé des chevauchements d’attributions et une confusion des responsabilités entre plusieurs entreprises publiques.
La réforme repose ainsi sur la création de trois pôles structurants : le pôle contrôle et régulation, qui a pour objectif de corriger le déficit de régulation observé. L’Agence de régulation du secteur de l’eau et de l’énergie a été dotée de nouveaux instruments juridiques pour garantir son indépendance financière. « On ne peut pas être juge et partie », a insisté le membre du gouvernement, estimant qu’un régulateur ne peut dépendre financièrement de l’entité qu’il contrôle.
Le pôle infrastructure qui, lui, regroupera les entités chargées de concevoir, financer, construire et maintenir les barrages et autres équipements stratégiques. Et le pôle exploitation qui concentrera les activités opérationnelles liées à la production et à la distribution de l’eau et de l’électricité.
Cette initiative gouvernementale s’inscrit dans un contexte de réformes plus vastes du secteur, visant à moderniser les services, accélérer les investissements et assurer un accès plus équitable aux ressources d’eau et d’énergie sur l’ensemble du territoire national.
L’objectif est de mettre fin à une gestion centralisée jugée moins performante, et de favoriser une plus grande efficacité des infrastructures, une meilleure attractivité pour les investissements publics et privés.
En dissociant clairement régulation, infrastructure et exploitation, le gouvernement entend mettre fin aux conflits d’intérêts, clarifier les responsabilités et créer les conditions d’une meilleure performance du service public.

