Face à la menace de paralysie qui pèse sur l’école gabonaise, l’ancien Vice-président de la République, Séraphin Moundounga, s’est prononcé. Entre défense du Plan national de croissance et de développement (PNCD) et mise en garde contre les conséquences d’une année blanche, il plaide pour une solidarité gouvernementale accrue et une priorité absolue à l’intérêt supérieur de l’enfant.
Pour Séraphin Moundounga, les revendications actuelles des enseignants ne sont pas ignorées par le pouvoir. Il précise que la reprise du système éducatif est une question déjà intégrée dans le projet de société actuel, désormais traduit en Plan national de croissance et de développement (PNCD) sous forme de plan quinquennal 2026-2030.
Selon lui, la Loi de finances 2026, première année de ce quinquennat, projette des solutions concrètes pour réhabiliter des services publics laissés dans un état de « délabrement » par le régime déchu. L’ancien Vice-président insiste sur le fait que ces résolutions, amorcées durant la transition, se poursuivent de façon accélérée.
L’éducation : un problème multisectoriel
Analysant les blocages actuels, Séraphin Moundounga réfute l’idée que le ministre de l’Éducation nationale soit le seul responsable. Il rappelle que les solutions aux problèmes des enseignants, qu’ils soient financiers ou administratifs, relèvent d’une action gouvernementale concertée, impliquant notamment les ministères du Budget et de la Fonction publique, sous l’arbitrage de la Vice-Présidence. Il précise que si le ministère de l’Éducation nationale établit les listes, c’est bien le ministère du Budget qui procède aux paiements.
Le spectre de l’année blanche : un danger pour tous
Interrogé sur la capacité du pays à éviter une année blanche, Séraphin Moundounga est catégorique : le Gabon ne peut pas se le permettre. Après une décennie sans concours professionnels, sans recrutements et sans avancements automatiques, le pays doit tout mettre en œuvre pour sauver l’année scolaire.
Il prévient que les conséquences d’une année blanche seraient désastreuses pour l’ensemble de la société :
- Pour les élèves et parents : un frein majeur au développement et au bien-être des jeunes.
- Pour les acteurs du système : il rappelle que « personne n’est payé pour une année blanche ».
En conclusion, invoquant la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, l’ancien Vice-président exhorte les parties prenantes à privilégier l’intérêt supérieur de l’enfant. Pour lui, l’urgence est à la négociation et à la mise en œuvre des engagements budgétaires afin de redonner vie à une école gabonaise éprouvée.

