Face aux nombreuses revendications liées aux carrières et aux rémunérations des personnels éducatifs, le gouvernement gabonais a ouvert ce mardi 13 janvier 2026 au complexe scolaire d’Alibandeng, les travaux de la commission tripartite chargée de trouver une issue durable à la crise. Face au spectre d’une année blanche, autorités, syndicats et partenaires sociaux sont appelés à privilégier l’intérêt supérieur des enfants et la préservation du lien éducatif.
Dès l’ouverture des travaux, la ministre d’État à l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclerc, a posé un diagnostic grave et sans détour de la crise, soulignant que la suspension prolongée des cours fragilise profondément le patriotisme et le rapport des enfants à la Nation. « Rien ne peut justifier la rupture du lien que nos enfants entretiennent avec l’école et avec la Nation. Suspendre la grève, c’est ouvrir la voie à des solutions constructives ». Tout en reconnaissant la légitimité des revendications syndicales, elle a mis en garde contre le risque d’une année blanche et la perturbation des examens, affirmant que cette commission doit marquer le passage du constat à des décisions concrètes, guidées par la responsabilité et la justice sociale.
Au cours des travaux préparatoires effectués depuis le dimanche 11 janvier dernier, les commissions mises en place ont permis de dégager des avancées significatives sur les revendications des enseignants. « La commission chargée des situations administratives et financières a ainsi proposé l’octroi immédiat de 300 postes budgétaires », « prioritairement destinés aux bénévoles du public, avec un élargissement progressif pouvant atteindre 1 700 postes supplémentaires », a indiqué Jean Chrysostome Ndong Bekale, rapporteur général des travaux.
Selon le rapporteur général, cette commission a également recommandé la régularisation de 3 000 situations administratives, extensible à 10 000 dossiers avec un échéancier allant de février à mai 2026 et un effet de solde dès le 25 février. Sur le volet financier, les commissions ont préconisé le paiement paiement des rappels et des vacations, la revalorisation des primes et le relèvement du point d’indice à 700 FCFA, des mesures censées « apporter des réponses concrètes, immédiates et durables à la crise ».
De son côté, Hermann Immongault a appelé à une réforme structurelle pour l’amélioration durable des conditions de vie et de travail des enseignants. « Le temps du constat est derrière nous. Le temps de la décision et de la mise en œuvre est désormais devant nous. Cette commission doit donc être guidée par trois principes fondamentaux permis tels que : le principe de responsabilité. le principe de hiérarchisation des priorités et le principe d’efficacité », a-t-il indiqué.
Le Vice-Président du gouvernement insisté sur une prise de responsabilité collective face à la crise éducative, en plaçant l’intérêt des enfants et la sauvegarde de l’année scolaire au-dessus des revendications, tout en affirmant une volonté politique ferme de réformes concrètes et en exigeant des décisions efficaces, applicables et soutenables, conditionnées par l’apaisement social et la suspension de la grève. « Je vous invite à prendre en compte l’urgence et la nécessité de maintenir le lien éducatif avec nos enfants. La fermeture prolongée des établissements scolaires pénalise gravement notre jeunesse et compromet son droit à l’éducation ».
Pour les membres du gouvernement, les décisions qui sortiront de cette commission devront être applicables, suivies et évaluées. C’est tout le sens de la commission de suivi et d’évaluation qui sera mise en place, afin que chaque engagement pris fasse l’objet d’un point régulier et mesurable.
À l’issue de ces échanges décisifs, l’école gabonaise joue plus qu’un calendrier : elle joue sa crédibilité et l’avenir de toute une génération. La réussite de ce dialogue pourrait marquer un tournant historique ; son échec, en revanche, laisserait une cicatrice durable dans la mémoire éducative du pays.

