Derrière chaque classe tenue dans nos provinces, il y a souvent eu un bénévole, porté par la passion mais oublié par le système. Aujourd’hui, le silence et l’incertitude prennent fin. La ministre de la Fonction publique et du renforcement des capacités, Laurence Ndong, apporte enfin la nouvelle tant attendue : la régularisation est en marche. Pour ces hommes et ces femmes qui ont donné sans compter, l’heure n’est plus à l’attente, mais à la reconnaissance de leur dignité d’enseignant.
Le blocage était pourtant de taille. Notre administration, régie par des textes rigoureux, est une fonction publique « diplômante ». En clair, sans diplôme officiel, l’intégration était juridiquement impossible. Mais, le gouvernement a refusé de laisser ces hommes et ces femmes au bord de la route. Un programme de formation spécifique a été mis en place, permettant à ces enseignants de terrain d’obtenir un certificat d’aptitude, équivalent au BEPC. Aujourd’hui, ils sont 1 810 à détenir ce précieux sésame, ouvrant enfin les portes de la régularisation.
Consciente que l’attente administrative peut être longue, la ministre de la Fonction publique a annoncé une mesure de solidarité immédiate. En attendant leur intégration complète prévue pour 2027, année où plus de 2 600 départs à la retraite libéreront les postes budgétaires nécessaires, l’État a décidé de les placer en « pré-salaire ». « Ils partent de zéro à 80% de la solde de base, parce que le gouvernement les a à cœur », a souligné Laurence Ndong.
Cette décision n’est pas qu’une simple ligne budgétaire. C’est un acte de justice sociale pour ceux qui ne recevaient rien du tout. En passant de l’informel à une rémunération stable, ces 1 810 pères et mères de famille retrouvent un souffle, une sérénité, et surtout, la fierté d’être reconnus par la nation qu’ils servent.
Pour le membre du gouvernement, ce dossier n’était pas seulement une tâche administrative, mais un devoir moral. « C’est une situation que nous avons trouvée et à laquelle nous avons apporté une solution concrète », a-t-elle affirmé. En régularisant ces dossiers, l’État gabonais ne fait pas que remplir ses effectifs ; il rend hommage à la résilience de ses enfants.
Chaque certificat remis est une promesse tenue, chaque pré-salaire versé est une marque de respect. La fonction publique gabonaise prouve qu’elle peut être à la fois rigoureuse sur les textes et profondément humaine dans ses actes. L’école gabonaise ne gagne pas seulement des agents, elle retrouve ses piliers, désormais debout et fiers.

