Près de trente ans après sa disparition, le pionnier de l’Afrobeat a reçu une consécration posthume historique à Los Angeles le dimanche 1 janvier 2026. Ce prix, qui récompense l’ensemble de son œuvre, place enfin la légende nigériane au sommet de la musique mondiale. Plus qu’un trophée, c’est la reconnaissance d’un héritage militant qui continue de façonner les rythmes du continent et d’inspirer les nouvelles générations.
L’inventeur de l’Afrobeat, Fela Anikulapo Kuti, est entré le week-end écoulé dans le cercle très fermé des légendes mondiales honorées par les Grammy Awards. Aux côtés de noms comme Carlos Santana ou Whitney Houston, le « Black President » devient le premier artiste du continent à recevoir cette distinction pour l’ensemble de son parcours. Pour ce musicien qui a fusionné le jazz, le funk et les racines africaines pour en faire une arme de résistance, cette récompense vient confirmer ce que l’Afrique savait déjà : son génie est universel.
Mais derrière l’éclat de la cérémonie, ce prix rappelle aussi le prix de la liberté. Fela n’était pas un artiste de salon. Ses chansons étaient des échos contre la corruption et les régimes militaires, lui valant arrestations et persécutions tout au long de sa vie. Si aujourd’hui l’Afrobeat moderne domine le monde , c’est parce que Fela a tracé le chemin avec une authenticité brutale. Sa cousine, Yemisi Ransome-Kuti, salue cette victoire tout en rappelant avec fermeté « qu’il ne faut pas attendre la mort des grands hommes pour célébrer leur impact ».
L’héritage de Fela reste plus vivant que jamais à travers ses fils Femi et Seun, ainsi que son petit-fils Made, qui perpétuent cette flamme musicale. Ce Grammy Award n’est pas seulement une pièce de musée ; c’est un nouvel élan pour une œuvre de 50 albums qui refuse de vieillir. En 2026, l’hommage rendu à Los Angeles prouve que la voix de Fela Kuti, bien que née dans les clubs de Lagos, n’a plus aucune frontière.
Fela n’a jamais cherché la validation du monde, c’est le monde qui a fini par s’incliner devant sa vérité. Au-delà du trophée, ce sacre est celui d’une Afrique qui ne demande plus la permission d’exister ni de briller. Le « Black President » nous a légué bien plus que des rythmes : il a rendu au continent sa dignité et sa voix. Près de trente ans après son départ, son saxophone résonne encore comme un rappel éternel que le cœur battant de la musique mondiale se trouve ici, sur cette terre qui refuse désormais de se taire.

