Le gouvernement passe à la vitesse supérieure dans sa riposte contre la hausse des prix. Le 23 février 2026, une mercuriale révisée a été officiellement publiée, une semaine seulement après son annonce par le ministre de l’Économie. La mesure prévoit, pour une période de six mois, la suspension de certains droits et taxes sur une sélection de produits importés. Une initiative qui vise à contenir l’inflation et à atténuer la pression sur le budget des ménages.
Au total, 105 produits sont concernés, couvrant à la fois les denrées alimentaires de base et plusieurs matériaux du secteur du bâtiment. La priorité est donnée aux produits les plus présents dans les foyers gabonais. La nouvelle grille tarifaire inclut notamment : le riz importé, la farine de blé, le sucre, l’huile végétale, le lait en poudre, les pâtes alimentaires, les conserves de poisson etc…Ces produits, essentiels au quotidien, ont vu leurs prix augmenter ces derniers mois, affectant directement le pouvoir d’achat des familles. « Nous saluons l’initiative, mais nous attendons de voir son application réelle. Trop souvent, les mercuriales ne se traduisent pas par une baisse visible sur le terrain », a souligné Marthe, une riveraine.
La mesure ne se limite pas au panier alimentaire. Plusieurs matériaux de construction figurent aussi sur la liste des produits concernés. Parmi eux : le ciment, le fer à béton, les tôles, le contreplaqué, les carreaux de céramique, les peintures, les équipements de plomberie.
Dans un contexte de relance de chantiers et de besoins croissants en logement, le gouvernement entend ainsi contenir la hausse des coûts dans le secteur de la construction. Cette décision pourrait avoir un impact indirect sur les projets immobiliers et les travaux des particuliers.
Du côté de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), l’accent est mis sur le caractère transitoire et encadré de la mesure. « L’innovation est quasi absente. Nous sommes face à une reconduction presque identique à l’ancienne mercuriale. Il s’agit surtout de gérer une période transitoire entre la précédente mercuriale, arrivée à échéance le 31 décembre 2025, et l’entrée en vigueur effective de la centrale d’achat », a indiqué Élise Emmanuelle Ntsame Obame, Directrice générale de la DGCCRF.
Tandis que la prudence domine, les représentants des usagers estiment que la réussite du dispositif dépendra de la rigueur des mécanismes de suivi. « Les mercuriales n’ont pas toujours produit les effets escomptés sur le terrain », a déclaré Ibrahim Tsendjet Mboulou, président de L’Organisation gabonaise des consommateurs (OGC), avant de poursuivre, « Il est indispensable de mettre en place un contrôle permanent pour que les ménages ressentent concrètement l’impact de la décision gouvernementale ».
Selon ce dernier, sans transparence ni sanctions en cas de manquements, la mesure pourrait perdre en efficacité. Au-delà de la liste des produits concernés, cette mercuriale constitue un indicateur de la capacité des pouvoirs publics à maîtriser la hausse du coût de la vie. Dans un contexte économique marqué par des tensions sur les marchés internationaux et une dépendance aux importations, la question du pouvoir d’achat reste centrale.
Les six prochains mois seront déterminants pour évaluer l’efficacité de cette suspension temporaire de taxes. Si les prix se stabilisent durablement, le gouvernement pourrait envisager un prolongement ou un ajustement du dispositif.
En attendant, consommateurs et opérateurs économiques observent avec attention l’évolution des prix dans les rayons. Car au-delà des annonces, c’est bien l’impact concret sur le quotidien des ménages qui fera foi.

