Le Recensement général des entreprises (RGE), mené en 2023 dans le cadre de l’accord entre le gouvernement gabonais et la Banque mondiale pour le développement des statistiques, a mis en lumière l’ampleur du secteur informel dans le pays.
Selon les données de la Direction générale de la statistique (DGS), plus de 40 000 entreprises recensées entre 2021 et 2022 exercent dans ce secteur, représentant un manque à gagner considérable pour l’État.
En raison du très faible recouvrement fiscal dans l’informel, d’importantes recettes échappent au contrôle de l’État. Les données publiées en 2023 par la DGS indiquent que, sur 66 662 entreprises enregistrées cette année-là, 41 901 (soit 62,9 %) relèvent de l’informel et 24 761 (37,1 %) du formel.
Cette activité générerait à elle seule près de 400 milliards de francs CFA chaque année, selon les révélations de Gabin Otha-Ndoumba, ancien directeur général des Impôts, dans le quotidien L’Union en 2021. Il avait notamment souligné que cette somme circulait « dans l’informel le plus total et [que ces entreprises] ne sont pas connues de l’administration dans le seul marché de Mont-Bouët ».
Le commerce informel exerce une concurrence déloyale envers le secteur formel et pénalise l’économie nationale. Il est également source d’encombrement et d’occupation illégale des voies publiques, engendrant des problèmes d’hygiène et d’insalubrité.

