La salle d’audience du tribunal de Libreville était comble ce lundi 17 novembre 2025 pour une nouvelle étape du procès criminel très médiatisé de l’ex-première dame Sylvie Aimée-Marie Bongo Valentin et de son fils Nourredin Bongo Valentin portant sur des soupçons de détournements de fonds publics et autres infractions. Devant une assistance dense, le procureur général a présenté un long réquisitoire, détaillant les mouvements financiers en cause et requérant des peines allant de l’acquittement à quinze ans de prison pour les dix prévenus.
L’audience a repris dans une atmosphère chargée, la salle du tribunal étant bondée jusque dans le hall. Sans tarder, le président de la cour a appelé les dix accusés à se présenter à la barre, ouvrant ainsi une nouvelle phase de cette session criminelle très suivie. Dès le début de son réquisitoire, le procureur général a tenu à éclairer l’assistance sur des documents faisant état de sommes qu’il aurait perçues entre 2017 et 2024.
Il a expliqué que ces montants avaient été obtenus dans le cadre de ses fonctions : 25 millions de FCFA en 2017, 24 millions de FCFA en 2018 pour l’organisation de sessions criminelles à Oyem et 7 millions de FCFA en 2024 au titre de perdiems liés à sa participation au Dialogue national inclusif. Il a ensuite évoqué les avoirs des prévenus, dont certains, selon lui, n’ont pas pu produire les justificatifs nécessaires.
Des noms appelés à revenir devant la justice
Au cours de son allocution, le procureur a révélé que plusieurs personnalités citées durant les débats pourraient être convoquées ultérieurement pour être entendues dans le cadre de l’affaire, ainsi que des responsables de certaines institutions bancaires. Ils devraient répondre à des questions liées aux soupçons de détournements de fonds publics.
Les peines requises par le parquet
Au terme de son réquisitoire, le procureur général a requis les peines suivantes :
Acquittement :
Gisèle Yolande Mombo,
Steve Ndegho Dieko.
Condamnations requises :
Ian Ngoulou : 15 ans de prison et 50 millions FCFA d’amende,
Ali Saliou : 10 ans de prison et 75 millions FCFA d’amende,
Oceni Ossa Mohamed : 10 ans de prison et 75 millions FCFA d’amende,
Jessy Ella Ekogha : 5 ans de prison et 25 millions FCFA d’amende,
Kim Oun : 4 ans de prison et 15 millions FCFA d’amende,
Otha Ndoumba Gabin : 3 ans de prison et 10 millions FCFA d’amende,
Jordan Camuset : 3 ans d’emprisonnement avec sursis et 6 millions FCFA d’amende,
Cyriaque Mvourandjami : 2 ans de prison et 5 millions FCFA d’amende.
Le parquet a également demandé la confiscation intégrale des biens financiers, matériels, avoirs bancaires et entreprises appartenant à plusieurs accusés : les frères Abdoul Oceni Ossa et Mohamed Ali Saliou, Ian Ngoulou et Jessy Ella Ekogha. Certaines personnes venues assister à ce procès se disent satisfaites de ce réquisitoire et espèrent que la cour s’appliquera à ce qu’a demandé le procureur général. « Pour elle, les sanctions demandées par le procureur sont raisonnables et, si cela ne tenait qu’à elle, elle aurait demandé des peines encore plus sévères », a déclaré Samantha Tchinga spectatrice.
Une affaire suivie de près
Le procès, qualifié d’historique par certains observateurs, continue de susciter un vif intérêt dans la capitale. La décision finale de la cour est désormais attendue avec une attention particulière, tandis que la défense devrait présenter ses plaidoiries dans les prochains heures.

