Quatre journalistes du média en ligne Gabon Media Time (GMT) auraient été placés en garde à vue pendant plusieurs heures, le mercredi 4 octobre à la Direction Générale des Recherches (DGR) sur instruction du procureur de la République, André Patrick Roponat.
Les journalistes, Lyonnel Mbeng (rédacteur en chef adjoint), Esther Kengue (journaliste), Karl Maure (journaliste reporter d’images) et le directeur de publication, Harold Leckat, auraient été convoqués à la DGR suite à la publication d’un article et d’un reportage intitulé « Gabon : Irrégularités dans les saisies effectuées chez Ian Ngoulou ? », dans lequel le média s’interrogeait sur la procédure de saisie opérée par le procureur de la République au domicile de l’ex-directeur de cabinet de Noureddin Bongo Valentin.
Selon GMT, André Patrick Roponat aurait « délibérément choisi de fouler aux pieds la procédure légale » lors de la perquisition au domicile de Ian Ghislain Ngoulou. En effet, dans une vidéo massivement relayée sur la toile, le procureur de la République « demande de laisser les devises en euro que ses préposés iraient compter dans son bureau ». Cette décision du procureur serait « une injonction qui porterait atteinte aux règles inhérentes aux conditions générales des saisies », car « les articles 106 al. 4 et 5 du Code de procédure pénale dispose que : “Les objets saisis sont immédiatement inventoriés et placés sous scellé. Il en est dressé procès-verbal” ».
Les journalistes auraient été entendus par les enquêteurs de la DGR puis relâchés dans la nuit et n’ont donc pas été inculpés, indique le média en ligne.
Cette garde à vue somme toute arbitraire a été perçue par les populations comme un recul démocratique et va à l’encontre de la volonté du président de la transition, le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, qui s’est engagé à garantir la liberté de la presse. « Je suis pour la liberté de la presse (…) vous devez écrire sans crainte, sans être intimidé, mais à condition que ce soit la vérité que vous donnez à l’opinion publique », avait déclaré le chef de l’État lors de sa rencontre avec la presse nationale et internationale le 2 septembre au Palais Rénovation.

