L’ivresse publique et manifeste est désormais clairement encadrée par le Code pénal gabonais révisé de 2019-2020, qui prévoit des sanctions à la fois pour les personnes en état d’ébriété troublant l’ordre public et pour les professionnels qui les servent. Un dispositif plus strict, destiné à renforcer la responsabilité de chacun et à préserver la tranquillité collective.
Selon les dispositions en vigueur, toute personne trouvée en état d’ivresse manifeste dans un lieu public, rue, place, bar ou tout autre espace ouvert, et troublant l’ordre ou la tranquillité d’autrui peut être immédiatement interpellée. La procédure est rapide : il s’agit du flagrant délit, avec un passage direct devant le tribunal correctionnel. Les sanctions encourues peuvent aller jusqu’à trois mois d’emprisonnement, une amende de 100 000 francs CFA, ou une peine alternative comme le travail d’intérêt général.
Mais la loi ne s’arrête pas aux seuls consommateurs. Elle responsabilise également les acteurs du secteur des boissons. Les cafetiers, cabaretiers et autres débitants qui continuent de servir de l’alcool à une personne déjà manifestement ivre s’exposent à des sanctions nettement plus sévères. Ils risquent jusqu’à trois ans de prison et une amende pouvant atteindre 3 000 000 de francs CFA.
À travers ces dispositions, les autorités entendent lutter efficacement contre les troubles à l’ordre public liés à l’alcoolisation excessive, tout en instaurant une responsabilité partagée. Le message est clair : prévenir vaut mieux que subir, et chacun, citoyen comme professionnel, est tenu de respecter la loi.

