Au lendemain de la célébration du 64ᵉ anniversaire de l’indépendance du Gabon, la question de la consolidation de l’unité nationale et de la fraternité se pose avec acuité. Dans un pays riche de plus de cinquante ethnies et dont la langue officielle est le français, une langue d’emprunt, comment parvenir à renforcer le sentiment d’appartenance à une même nation ?
L’unité est le caractère de ce qui est considéré comme formant un tout dont les diverses parties concourent à constituer un ensemble indivisible. La fraternité, quant à elle, est par extension un sentiment de proximité unissant les membres d’une communauté quand ils partagent les mêmes convictions et les mêmes luttes.
Selon une étude d’Afrobarometer en 2020, les gabonais se sentent victimes de l’instrumentalisation politique de l’ethnicité et estiment majoritairement qu’il y a plus d’éléments qui les divisent que ce qui les unit.
La langue, facteur de division ?
La langue pourrait être l’un de ces facteurs de division, chaque groupe ethnolinguistique ayant tendance à s’identifier en priorité à sa propre langue et à ses traditions. Pourtant, une étude récente du Pew Research Center souligne l’importance de la langue et des traditions dans la construction de l’identité nationale, socle de l’unité et de la fraternité.
Une solution : adopter une langue locale comme première langue officielle ?
Le Gabon, avec sa riche diversité linguistique, pourrait-il envisager d’adopter une langue locale comme première langue officielle, en remplacement du français ? Cette mesure permettrait de résoudre la question de la fragmentation ethnolinguistique et de préserver les dialectes menacés de disparition.
L’objectif serait de faire de la célèbre phrase de l’hymne national « unis dans la concorde et la fraternité » une réalité tangible, en favorisant une véritable unité nationale fondée sur la reconnaissance et la valorisation de la diversité culturelle gabonaise.
Vanessa Tsogou

