Les fêtes sont terminées, les lumières de Noël se sont éteintes, et avec elles arrive un mal bien connu : la « janviose ». Ce terme, devenu courant, décrit cette période de tension financière qui suit l’euphorie de décembre. Entre la flambée des prix et le portefeuille qui se vide, les familles doivent faire preuve d’ingéniosité pour tenir jusqu’au 31.
Le premier symptôme de la janviose, c’est cette sensation que le temps s’étire. Pour Alban, mécanicien, janvier est un véritable défi d’endurance. « Garder des économies pendant ce long mois, qui en plus semble interminable, relève du sport olympique ! » confie-t-il.
Quand un mois de 31 jours en paraît 90
Après avoir dépensé pour gâter la famille et profiter des fêtes, le retour à la réalité est brutal. Pour certains, la situation est même critique. A.N., chômeur et étudiant, père d’un enfant et boursier en attente de versements, raconte : « Ce mois paraît durer une éternité. Chaque jour sans revenu est une petite épreuve de survie. ». Une autre citoyenne renchérit : « janvier reste un mois extrêmement long et pénible pour les finances ».
Le mur de la vie chère
Cette année, la janviose frappe plus fort. Elle n’est plus seulement la conséquence des excès des fêtes, mais aussi de la hausse généralisée des prix au marché. Le contraste entre l’abondance de décembre et la rigueur de janvier est frappant.
Marie-Lucie, commerçante, observe : « Avec la montée des prix, c’est encore plus difficile de résister à la janviose ». Entre le riz, le poulet, l’oignon et bien d’autres produits dont le prix ne cesse d’augmenter, remplir la marmite est devenu un casse-tête quotidien.
L’art de la survie
Pour tenir, chacun active son « mode survie ». On remplace les sorties par des soirées à la maison, on limite les déplacements et on redécouvre le plaisir de cuisiner avec le strict minimum. L’objectif : traverser le mois sans s’endetter.
Parmi les conseils les plus partagés :
- Prioriser l’essentiel : loyer, eau, électricité et frais des enfants passent avant tout.
- Éviter les tentations : ne pas traîner dans les magasins ou sur les marchés sans une liste précise.
- Faire face à la réalité : contrôler ses comptes, même si le solde fait peur.
La janviose s’éloignera avec l’arrivée de février. En attendant, on en rit pour ne pas pleurer : au fond, tout le monde partage le même défi. Mais au-delà de la galère financière, la janviose rappelle surtout l’importance de la solidarité et de la créativité au quotidien. Familles, voisins et amis se serrent les coudes, partagent des astuces et se soutiennent pour traverser ce mois éprouvant. Dans cette épreuve collective, chacun trouve une façon de tenir bon et de transformer la contrainte en opportunité de solidarité.

