Le 7 juin est un jour historique pour le Gabon. Cette date commémore un vaillant combattant africain mort en 1940. Il s’agit du capitaine Charles N’Tchoréré, un officier français d’origine gabonaise.
Au Gabon, les livres ne pourraient raconter l’histoire du pays sans mentionner le capitaine Charles N’Tchoréré, un héros de la Seconde Guerre mondiale.
Né en novembre 1896 à Libreville, soit 64 ans avant l’indépendance du Gabon, son pays natal. Naturalisé français, il sert son pays d’adoption lors des deux guerres mondiales. Fervent chrétien, il met un terme à ses études dans les missions catholiques et protestantes en 1912 pour se consacrer au monde du travail.
Son courage, sa ténacité, sa détermination, sa fidélité, son intelligence et surtout son professionnalisme lui valent une reconnaissance d’Édouard Daladier, le ministre français de la Guerre. Ce dernier publie dans la revue des troupes coloniales en 1925, un témoignage poignant sur ce perfectionniste, mais également sur le Gabon, son pays d’origine.
En 1926, il porte le grade de sous-lieutenant au sein du 16ᵉ régiment de tirailleurs sénégalais. Au cours de la même année, il devient lieutenant à titre indigène, avant d’être nommé lieutenant à titre français, en 1927. Cette même année, Charles N’Tchoréré est affecté au 23ᵉ régiment d’infanterie coloniale à Paris, en France. Six ans plus tard, il est muté au 1ᵉʳ régiment de tirailleurs sénégalais, à Saint-Louis.
Des années plus tard, sa progéniture connaîtra pratiquement le même sort que le capitaine. Jean-Baptiste N’Tchoréré, son fils, caporal du 2ᵉ régiment d’infanterie coloniale, décède le 8 juin 1940 des suites de blessures graves de guerre, sur le front de la Somme à Remiencourt.
Le 7 juin 2024, cela fera exactement 84 ans que ce héros a été exécuté par les Nazis, dans la Somme, un département français, situé dans la région Hauts-de-France. Après son décès, le symbole de l’engagement et du sacrifice de l’armée africaine servant la France lui est attribué.
L’arrivée au pouvoir du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) aura donc permis de rappeler au peuple gabonais, toute génération confondue, le parcours exceptionnel de ce fils du pays, ayant dignement représenté sa patrie à l’autre bout du monde.
Frey Demba

