Le Parti démocratique gabonais (PDG), première formation politique au Gabon avant l’avènement du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), traverse une crise sans précédent. Après avoir été déposé à l’issue du « coup de libération » du 30 août 2023, la formation politique de feu Omar Bongo Ondimba semble s’enfoncer peu à peu dans une crise au lendemain incertain.
Dernier fait en date, une nouvelle démission et pas des moindres : celle de l’ancien maire de Libreville et Membre du bureau politique (MBP) du 2ᵉ arrondissement, Léandre Nzue, qui a annoncé dimanche 24 mars sa démission du PDG et en a profité pour lancer son propre mouvement en soutien aux actions du CTRI. Avant lui, d’autres cadres comme le député et ancien ministre Mathias Otounga Ossibadjouo et l’ancien Secrétaire général adjoint du parti, Patrick Eyogho Edzang ont également quitté le PDG. L’ancienne ministre et MBP dans la province de Woleu NTem Christiane Bitougha, appelle à la dissolution de la formation politique. L’ancien avocat d’Ali Bongo Ondimba, lui aussi MBP dans le Woleu Ntem et ancien ministre, Francis Nkea, réclame quant à lui la suspension du nouvel organigramme du parti, dont il rejette la composition.
Cette situation rappelle celle de 2009, qui avait vu André Mba Obame, ancien cadre du PDG, devenir le nouveau leader de l’opposition, ainsi que Casimir Oyé Mba, Jean Eyeghé Ndong, et bien d’autres, qui avaient décidé de prendre un nouveau cap. De même, l’épisode de 2016 qui avait conduit à des évictions groupées de certains députés jugés perturbateurs, ou encore à la démission en cascade de cadres du PDG tels que Jacques Adiahenot, Marcel Eloi Rahandi Chambrier, et Jean Ping, candidat farouche à la présidentielle de 2016 face à Ali Bongo Ondimba.
La course à la présidentielle de 2023 a également influencé les positionnements stratégiques de certains anciens militants et cadres du PDG, notamment en faveur du Professeur Albert Ondo Ossa, candidat et nouveau leader de l’opposition lors de la dernière élection.
La situation du Parti démocratique gabonais mérite une attention particulière. Les militants de cette formation politique réclament désormais davantage de démocratie, de liberté d’expression, mais surtout des explications de la part de leur hiérarchie, une exigence jusqu’alors quasiment inédite.
56 ans après sa fondation, le PDG, accusé d’être responsable de nombreux maux qui minent la société gabonaise, serait-il sur le déclin ? La question demeure. Les prochaines échéances électorales détermineront sans doute le devenir de ce parti politique, si les appels à sa dissolution, émanant de ses propres rangs et d’une partie de l’opposition, n’obtiennent gain de cause.
Kenny Ongouori

