Que ça soit dans les quartiers populaires du grand Libreville ou dans les contrées lointaines de l’arrière-pays, une seule question taraude les esprits des Gabonais : pendant combien de temps encore les Gabonais vont-ils vivre dans ce marasme social ? Entre espoirs tenaces et déceptions accumulées, la population attend du gouvernement des réponses concrètes et surtout rapides à ses difficultés quotidiennes.
Dans les marchés, dans les taxis ou devant les administrations, les débats tournent généralement autour d’un constat commun : « la vie est devenue trop chère ». Pour de nombreuses familles, remplir le panier de la ménagère est un défi permanent. Les prix ne cessent de grimper, mais les revenus stagnent. Les parents sont obligés d’user de stratégies pour pouvoir scolariser leurs enfants, payer le loyer et se soigner. « Depuis plusieurs années, le constat est le même, les salaires n’augmentent pas tandis que le panier de la ménagère lui s’alourdit. Pour se nourrir, il faut faire des pieds et des mains » a déclaré Aimée Nzogho, mère de famille . Face à cette réalité, les citoyens ne veulent plus seulement des annonces de grandes réformes, mais plutôt à la mise en pratique de ces dernières afin d’alléger leur fardeau et de redonner un peu de souffle aux ménages.
Le chômage des jeunes est une autre plaie béante de la nation. Des milliers de diplômés à la maison multiplient les entretiens d’embauche dans l’espoir d’avoir un avis favorable qui tardent à venir, d’autres lassés d’attendre la providence se sont jetés dans les emplois dits « petits métiers » pour survivre. « Nous ne demandons pas grand-chose, juste une chance de travailler et de sortir de la précarité », confie Harmoni, jeune diplômé. Le peuple attend du gouvernement qu’il crée un environnement favorable à l’emploi, à la formation et à l’initiative privée.
Les services publics, eux aussi, ne sont pas en marge et représentent l’un des sujets pour lesquels les Gabonais sont les plus contrariés. Dans certains centres hospitalier du pays, on enregistre un manque de médicaments, obligeant les patients à se débrouiller par leurs propres moyens, sans oublier l’accueil qui n’est pas souvent au beau fixe.« On a comme l’impression que le personnel de santé dans certaines structures publiques de ce pays sont dépourvu de compassion » a affirmé Davila Mbega.
Dans les écoles, les parents dénoncent les effectifs pléthoriques et les enseignants, eux, évoquent la question du manque de matériel pour la tenue des cours. « Les enfants sont tellement nombreux dans les salles de classe et ils ont du mal à suivre les cours, du coups certains enseignants tirent profit de cette situation et dispensent des cours de remise à niveau aux élèves qui ont du mal à suivre » a souligné Bertrand Ngonga. Quant à l’eau et à l’électricité, leurs coupures répétées rythment le quotidien de nombreux foyers tandis que d’autres n’en possèdent même plus et sont obligés de s’abreuver dans les puits de fortune. Les Gabonais réclament simplement des services qui fonctionnent partout et pour tous.
Au-delà des difficultés matérielles, c’est la question de la confiance qui se pose surtout avec l’ajout d’une taxe supplémentaire dénommée taxe forfaitaire d’habitation en plus des cinq qui sont déjà prélevées sur les tickets de SEEG et d’autres redevances prélevé çà et là sans qu’on ne sache comment sont utilisés ces fonds. « Si au moins, on voyait ce que produit cet argent, nous ne serions pas hostiles à son application », a révélé Adriana Ekoung. Beaucoup veulent croire en un changement, mais attendent des actes forts contre la corruption et la mauvaise gestion. « L’Ogooué-Ivindo est l’une des provinces les plus riches du pays, mais pourtant, elle est parmi les moins développées, on veut voir les richesses de notre région profiter au communautés locales », a déclaré Yves Ebiaghe, habitants de Booué. La transparence et la justice sociale sont perçues comme les clés d’un avenir plus serein
Aujourd’hui, les attentes du peuple gabonais sont claires : être écouté, respecté et surtout pris en compte, car ça engage son avenir. Plus que des discours, les citoyens attendent des gestes concrets, capables de redonner espoir. Car derrière les statistiques et les promesses, il y a des vies, des familles et une population qui aspire simplement à une vie meilleure.

