Faire de l’agriculture le socle de l’indépendance alimentaire du Gabon : telle est l’ambition affichée par les autorités à l’horizon 2027. Porté au plus haut sommet de l’État par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, cet objectif stratégique se traduit par des décisions fortes, dont l’interdiction progressive du poulet de chair importé, symbole d’une volonté assumée de produire localement, de réduire la dépendance extérieure et de bâtir une économie agricole durable.
Derrière cette décision forte se dessine une volonté affirmée de réduire la dépendance alimentaire du pays, de soutenir la production locale et de créer de la valeur sur le territoire national. Pour rendre cette ambition concrète, l’État mise sur des investissements ciblés, un accompagnement financier renforcé et la montée en puissance des exploitations agricoles gabonaises.
Des investissements pour structurer la production locale
L’agriculture n’est plus considérée comme un secteur secondaire. Elle devient un levier de souveraineté, de création d’emplois et de diversification économique. À travers la Banque pour le Commerce et l’Entrepreneuriat du Gabon (BCEG), l’État a récemment accordé un financement de 360 millions de francs CFA à BTF Farming, une exploitation agricole intégrée basée à Malibé II, dans la commune d’Akanda.
Spécialisée dans l’aviculture, la pisciculture et le maraîchage, cette ferme illustre le nouveau modèle agricole que les pouvoirs publics souhaitent promouvoir. Grâce à cet appui financier, BTF Farming a renforcé ses capacités de production et compte aujourd’hui 6 000 poules pondeuses, pour une production quotidienne estimée à 5 400 œufs. Son chiffre d’affaires annuel avoisine 240 millions de francs CFA, démontrant le potentiel économique réel des exploitations locales bien structurées.
Une dynamique nationale impulsée au sommet de l’État
BTF Farming n’est toutefois qu’un exemple parmi d’autres. Ces derniers mois, le Chef de l’État a effectué une tournée dans plusieurs fermes agricoles et avicoles stratégiques, notamment Ethia et Frères, Agrivert, JRO Farms et la Société Meunière et Avicole du Gabon (SMAG) à Nkoltang.
À chaque étape, le message présidentiel est resté constant : produire localement, consommer gabonais et bâtir une économie agricole durable. Une orientation politique claire qui vise à renforcer la capacité du pays à satisfaire sa propre demande alimentaire.
2,7 milliards de FCFA mobilisés pour l’aviculture
Pour soutenir cette transformation, l’État a mobilisé plus de 2,7 milliards de francs CFA dédiés au financement des exploitations avicoles. Les promoteurs bénéficient de crédits compris entre 250 et 400 millions de FCFA, accordés à des conditions préférentielles, notamment un taux d’intérêt de 4 % sur un an.
Ces financements visent à accélérer la modernisation des fermes, à augmenter les volumes de production et à préparer le secteur à l’échéance de 2027, date à laquelle les importations de poulet de chair devraient être stoppées.
Un défi économique et social majeur
L’annonce de l’interdiction progressive du poulet importé marque un tournant décisif. Elle impose aux producteurs locaux de relever plusieurs défis : accroître les capacités de production, garantir la qualité sanitaire et maintenir des prix accessibles pour les ménages. Mais elle ouvre également de vastes perspectives en matière de création d’emplois, d’auto-emploi des jeunes et de dynamisation des zones rurales.
À deux ans de l’échéance, la souveraineté alimentaire n’est plus un slogan. Elle devient un chantier national structurant, suivi de près au sommet de l’État. Avec une conviction désormais assumée : le Gabon a les capacités de nourrir le Gabon, à condition d’investir durablement, de structurer les filières et de faire confiance aux producteurs locaux.

