Depuis longtemps, les personnes sourd-muettes ont été stigmatisées à cause de leur capacité à travailler, supposant à tort qu’elles ne pouvaient pas comprendre les notions abstraites. À Nzeng-Ayong, dans le 6ème arrondissement de Libreville, si certains s’intègrent bien, d’autres font face à des difficultés liées à leur handicap.
Étant donné la diversité des emplois et des profils disponibles sur le marché du travail ou dans les activités génératrices de revenu au Gabon, toutes les fonctions sont susceptibles d’être exercées par une personne malentendante ou muette, car les compétences et les qualifications devraient être les principaux critères de sélection. « Pour communiquer avec les clients, nous utilisons une pancarte des prix, et ils choisissent simplement », explique Erica, une -muette en langue des signes.
Face à un manque d’éducation, certains éprouvent des difficultés à s’insérer dans le milieu professionnel. Des familles entières vivent au jour le jour pour répondre à leurs besoins essentiels. « Nos frères gabonais refusent de nous embaucher, alors que les expatriés acceptent de nous employer comme main-d’œuvre et nous rémunèrent à la fin du travail », rapporte Meyo Alan, traduisant les signes de Mouele Julien, une personne sourd et muet, père de 8 enfants.
Cependant, comme pour les personnes entendantes, les compétences des sourds et malentendants varient d’un individu à l’autre, et leur potentiel intellectuel est identique. Bon nombre d’entre eux sont confrontés à un manque de moyens pour financer des études, notamment pour leurs enfants, et dépendent souvent de dons d’associations.
Aïcha Désirée Minkoh

