Dans le prolongement de sa stratégie de reprise en main des secteurs à fort enjeu économique et social, le Conseil des ministres a réaffirmé l’orientation irréversible de l’État vers la « gabonisation » des activités stratégiques. Brice Clotaire Oligui Nguema a ainsi instruit les ministères compétents de soumettre un plan d’action visant à transférer progressivement les activités de revente du ciment aux nationaux.
Cette décision s’attaque à une anomalie structurelle profonde : aujourd’hui, ce maillon essentiel de la chaîne de construction est contrôlé à hauteur de 95 % par des opérateurs non-nationaux, une situation que l’exécutif juge incompatible avec l’ambition de souveraineté économique du pays. Cette mesure de « gabonisation » ne se limite pas à un simple transfert de propriété, elle s’accompagne d’un impératif de régulation rigoureuse pour protéger le pouvoir d’achat des citoyens.
Le chef de l’État a explicitement exigé que ce plan garantisse l’accessibilité permanente du produit sur l’ensemble du territoire tout en assurant une maîtrise stricte des prix. L’enjeu est d’éviter toute rupture d’approvisionnement ou spéculation lors de cette phase de transition, afin que la promotion de l’entrepreneuriat national ne se fasse pas au détriment du consommateur final ni du dynamisme du secteur du bâtiment.
L’objectif de cette réforme est de rééquilibrer le tissu commercial en favorisant l’émergence d’une classe d’investisseurs gabonais dans un secteur où les barrières à l’entrée étaient jusqu’ici freinées par une domination extérieure quasi exclusive. En ciblant la revente du ciment, le gouvernement choisit un levier à fort impact social, la construction étant un moteur essentiel de l’économie domestique. Cette initiative s’inscrit dans une doctrine plus large visant à ce que les activités génératrices de revenus et de flux financiers importants soient prioritairement opérés par des nationaux, renforçant ainsi la rétention de la valeur ajoutée à l’intérieur des frontières.
Le plan de « gabonisation » progressive devra donc identifier les mécanismes de soutien, tant financiers que techniques, pour permettre aux revendeurs gabonais de monter en puissance avec succès. Les ministères concernés sont désormais chargés de définir le calendrier et les modalités d’attribution des licences de revente, en veillant à instaurer un écosystème compétitif et structuré. Cette démarche marque une volonté politique ferme de transformer la structure même de l’économie locale en plaçant le citoyen au cœur des secteurs productifs et de distribution, garantissant ainsi une prospérité plus inclusive et une maîtrise nationale sur les matériaux stratégiques.

