Libreville s’apprête à devenir, les 12 et 13 janvier 2026, un haut lieu de réflexion internationale autour de l’Iboga et de son principal alcaloïde, l’Ibogaïne. Une conférence de portée internationale se tiendra à l’hôtel La Sablière, à l’initiative d’un consortium d’acteurs nationaux et internationaux engagés dans la valorisation responsable de cette plante emblématique du patrimoine gabonais.
L’événement est coorganisé par Americans For Ibogaine, le Groupement d’intérêt économique Bloc of Operators in the Iboga Sector (BOIS), la Fondation Stéphane Lasme, Reset Health Gabon et l’Agence gabonaise pour le développement de l’économie verte (Agadev). Il vise à créer un espace de dialogue structuré entre décideurs publics, chercheurs, praticiens de santé, experts internationaux et détenteurs de savoirs traditionnels.
Plante endémique du Gabon et pilier spirituel et thérapeutique de plusieurs communautés, l’Iboga est classé parmi les produits forestiers non ligneux (PNL). Ses usages, à la fois rituels, médicinaux et désormais scientifiques, suscitent un intérêt croissant à l’échelle mondiale, notamment dans le traitement de certaines addictions et troubles psychiques. Cette attractivité soulève toutefois des questions majeures liées à la conservation de la ressource, à l’éthique de son exploitation et à la protection des connaissances ancestrales.
Durant ces deux journées, les discussions porteront sur la mise en place de mécanismes de préservation durable de l’Iboga, l’encadrement réglementaire de sa production et de sa transformation, ainsi que sur les enjeux de souveraineté liés à la propriété intellectuelle et au partage équitable des bénéfices. Le positionnement du Gabon comme acteur central et légitime dans la chaîne de valeur mondiale de l’Iboga et de l’Ibogaïne sera également au cœur des échanges.
Au-delà de sa dimension scientifique et culturelle, cette conférence constitue un moment stratégique pour le Gabon. Elle pourrait jeter les bases d’un cadre normatif clair, conciliant exigences environnementales, reconnaissance des savoirs traditionnels et opportunités économiques. Si elle débouche sur des orientations concrètes, la rencontre pourrait renforcer la place du pays comme référence internationale en matière de gestion responsable de l’Iboga, tout en ouvrant la voie à une économie verte créatrice de valeur et d’emplois locaux. À l’inverse, l’absence de consensus ou de suivi opérationnel risquerait de laisser perdurer une exploitation informelle, au détriment de la ressource et des communautés qui en sont les gardiennes historiques.

