La réalité des mères célibataires prend de plus en plus d’ampleur dans notre société et dans le monde. À l’ère du 21e siècle, où la conciliation entre les exigences professionnelles et/ou familiales et la disponibilité des salariés et/ou membres de la famille n’est pas toujours évidente, les mères célibataires se trouvent face à des défis particuliers, notamment ceux relatifs à une surcharge de tâche, un surendettement, une dépendance familiale, voire des préjugés et autres émotions négatives. Confrontées aux responsabilités excessives qu’entraîne l’arrivée d’un nouveau-né dans la vie d’une femme, l’absence paternelle expose ces mères à une pression psychologique importante.
Selon l’ONU, 100 millions de mères élèvent seules leurs enfants dans le monde. Dans nos sociétés africaines, pour beaucoup, être une « maman solo », c’est avoir raté sa vie. En effet, les préjugés selon lesquels, la femme doit etre obligatoirement accompagnée par son homme lorsqu’ils ont un enfant priment sur la pression psychologique qui affecte la santé mentale d’une mère célibataire. Cette pression peut être positive ou négative, et se manifeste par le besoin de remporter le challenge d’être une mère et un père pour son enfant. Le regard d’autrui empêche cette mère de se réaliser.
Interrogé sur la question, Christelle BESSALA, psychologue psychothérapeute au sein de l’ong Action novatrice pour le développement et l’assistance sociale (ANDAS), a accepté de répondre à nos questions.
« La réalité est que la majorité de ces personnes est dans le champ de la dépression. La déprime ce n’est pas seulement la personne qui est triste, il y a également ces personnes trop contentes, elles font croire qu’elles sont heureuses parce qu’il faut paraître aux yeux du monde. Pour revenir aux mères célibataires, l’acceptation de ce statut permet d’éviter de se retrouver dans le désert de la perception de soi. J’ai tendance à dire qu’on est le résultat de ce que l’on est. On est fonction de ce que l’on pense de nous ! Si on estime qu’on est un échec parce qu’on a pas d’homme dans sa vie, ça se répercute sur la performance émotionnelle, professionnelle, sentimentale d’où on a inconsciemment la facilité de refaire les mêmes échecs dus aux blessures émotionnelles. C’est clair que je ne serai pas la meilleure version de soi».
Au Gabon, les chiffres ne sont pas connus, mais il y a des spécialistes du comportement communément appelé psychologues pour pouvoir prévenir et accompagner le comportement des mères célibataires qui ont besoin de rebooster leur système de pensée, leur estime de soi et renforcer leur résilience face à cette pression afin que leur santé mentale soit équilibrée.
MMP

