Chaque plastique abandonné, chaque bouteille jetée, chaque déchet laissé dans nos rivières ou sur nos plages raconte la même histoire : celle d’un manque de civisme et de respect pour la nature. L’incivisme, plus que la mer elle-même, pollue nos littoraux, menace la vie marine et met en danger la santé des populations. Face à cette réalité, il est temps de regarder la vérité en face : la mer et les rivières ne peuvent pas tout avaler, et nous avons tous un rôle à jouer.
Les plages et bassins versants du Gabon étouffent sous les déchets. Les filets abandonnés emprisonnent oiseaux et tortues. Les plastiques dérivent jusque dans les rivières, contaminant poissons et crustacés. Les déchets chimiques et métaux lourds s’infiltrent dans l’eau et menacent la santé des populations. Chaque geste irresponsable laisse des traces invisibles mais durables : microplastiques dans nos assiettes, maladies hydriques et perte de biodiversité.
Mais, ce n’est pas seulement un problème environnemental : c’est un problème de responsabilité citoyenne. L’incivisme se manifeste partout : dépôts sauvages, refus de respecter les collectes, indifférence face aux campagnes de sensibilisation. Pendant que certains se battent pour restaurer les mangroves ou nettoyer les plages, d’autres continuent de jeter leurs déchets comme si la mer et les rivières pouvaient tout avaler.
Pour Michel Ambourouet, 26 ans : ans : « Ce qui me choque, c’est qu’on nettoie aujourd’hui et demain c’est sale à nouveau. Ça prouve que le problème ne vient pas seulement du ramassage, mais du manque de sanctions et de sensibilisation ». Chaque déchet abandonné est une menace directe pour les populations riveraines. L’eau potable, les poissons consommés au quotidien et les zones de baignade deviennent des vecteurs de maladies.
Le cadre de vie et l’économie locale sont également affectés. Les zones touristiques se dégradent, les moyens de subsistance des pêcheurs artisanaux sont menacés. L’incivisme, ce refus de respecter l’environnement, ces déchets jetés n’importe où est au cœur du problème. Comme le souligne Michel Ambourouet, 26 ans : « Ce qui me choque, c’est qu’on nettoie aujourd’hui et demain c’est sale à nouveau. Ça prouve que le problème ne vient pas seulement du ramassage, mais du manque de sanctions et de sensibilisation. On jette comme si la mer pouvait tout avaler. »
Face à cette urgence, l’ONG (RGEDD) Réseau gabonais pour l’environnement et le développement durable agit sur plusieurs fronts. Elle organise des journées de nettoyage des littoraux, mangroves et bassins versants, mobilise les écoles et les communautés, et plante des mangroves pour restaurer les écosystèmes. Des campagnes de sensibilisation et des événements éco-citoyens transforment l’éducation en action concrète. Afane Edou, président de RGEDD, alerte : « La mer et les rivières deviennent le miroir de notre négligence. Chaque semaine, les déchets reviennent. Ce n’est pas la nature qui pollue, c’est notre incivisme. Tant que nous ne changerons pas nos comportements, la situation va empirer. »
La solution ne réside pas seulement dans le ramassage des déchets. RGEDD promeut la prévention à la source, la réduction des plastiques à usage unique, la mise en place de points de collecte et de filières de recyclage, et l’implication des entreprises via leurs politiques Responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Mais surtout, chaque citoyen a un rôle à jouer. Ne plus jeter de déchets dans la nature, participer aux opérations de nettoyage, sensibiliser son entourage et signaler les dépôts sauvages sont des gestes simples essentiels.

