Au Gabon, depuis plusieurs années, le conflit homme-faune, en particulier les éléphants, est l’une des préoccupations majeures des plus hautes autorités. Dans un pays où le taux de production agricole est encore très faible, cette problématique entrave l’atteinte à la sécurité alimentaire. Plusieurs facteurs seraient à l’origine de ce conflit si l’on en croit les résultats des différentes enquêtes menées.
Toutes les stratégies mises en place au Gabon pour la protection de la faune et la résolution du conflit homme-éléphant semblent ne pas produire les résultats escomptés. Le problème perdure, mettant à mal la sécurité, le bien-être des populations et l’agriculture rurale déjà très peu développée. Mais, une question demeure : pourquoi ces pachydermes désertent-ils leur milieu naturel pour cohabiter avec les humains ?
« Selon des études menées sur la forêt gabonaise, les arbres ont perdu 80 % de leur fructification. Ce qui constitue l’une des principales raisons du conflit homme-faune. Les éléphants vont quitter les forêts pour chercher la nourriture. Outre cet aspect, il y a le changement climatique et l’exploitation forestière illégale », explique Juste Temba, responsable communication de l’ONG la Voix de L’Écocitoyen.
Face à cette situation inquiétante, les autorités gabonaises, en collaboration avec plusieurs organismes internationaux, ont organisé des rencontres pour proposer des solutions pertinentes visant à protéger non seulement les cultures dévastées, mais également les deux espèces concernées. Il y a huit ans, le Gabon avait mis en place un Plan national de gestion du conflit homme-faune. À cet effet, la construction des barrières électriques autour des 11 parcs nationaux et des habitations ciblées par les éléphants avait été lancée.
Pour Orphé Mouele Ndongo, économiste spécialiste du développement durable, « il est important que les projets mis en place au niveau du Gabon prennent en compte les aspirations des communautés locales et qu’il y ait une transparence dans la gestion des financements dédiés à certains programmes tel que la construction des barrières électriques, car les pygmées, par exemple, ne prennent pas part aux sommets internationaux », souligne-t-il.
Les activités économiques dans les secteurs des mines et du bois ont également favorisé cette migration des éléphants vers les villages.
Frey Demba

