Après plusieurs semaines de tensions et de perturbations dans le secteur éducatif, les autorités se mobilisent pour éviter une fracture du système scolaire gabonais. Face aux revendications des enseignants, le gouvernement par l’entremise de la ministre de l’Education nationale et de l’instruction civique, Camilia Leclerc Ntoutoume, affirme avoir engagé une réforme de fond destinée à moderniser la fonction enseignante, décloisonner l’administration publique et restaurer durablement la confiance au sein de l’école.
Certaines provinces ont enregistré un démarrage satisfaisant de l’année académique, tandis que d’autres accusent encore un retard en raison de mouvements de grève persistants. Face à ce déséquilibre, le gouvernement met en garde contre le risque d’« une école à deux vitesses ».
Pour rattraper le temps perdu, un nouveau calendrier scolaire a été établi. « Il a fallu qu’on fasse le nouveau calendrier scolaire avec 35 semaines pour rester au dessus des standards de l’UNESCO, et c’est pour cette raison que l’année scolaire va s’achever le 31 juillet », explique Camélia Ntoutoume Leclercq, Ministre de l’éducation nationale, de l’instruction civique et de la formation professionnelle, avant de renchérir : « Il y’a également eu un réaménagement du calendrier des examens nationaux ».
Une commission tripartite réunissant l’Éducation nationale, la Fonction publique et le Budget a été mise en place pour assurer le suivi des protocoles d’accord signés avec les partenaires sociaux. Présentée comme inédite, cette instance travaille à la fois sur les aspects administratifs, financiers et juridiques.
Au centre des travaux : le statut particulier de l’enseignant. « Aujourd’hui, nous travaillons avec des textes qui sont maintenant caduques. C’est pour ça qu’il y a une grande partie qui concerne tout ce qui est réforme, tout ce qui est juridique, qui doit être mis en place », indique Camélia Ntoutoume Leclercq, ministre de l’éducation nationale, de l’instruction civique et de la formation professionnelle.
La question des infrastructures est également intégrée à cette dynamique. Cinquante-huit chantiers de réhabilitation et d’extension d’établissements scolaires sont en cours à travers le territoire. Une accélération des travaux est annoncée afin de préparer la prochaine rentrée dans de meilleures conditions.
Mais au-delà des ajustements techniques, l’exécutif mise sur le dialogue direct. Le Ministère de tutelle annonce vouloir se rendre établissement par établissement pour écouter les enseignants, afin de reconnaître leurs préoccupations et restaurer un climat de confiance.
Sortie de crise ou véritable refondation ? Les prochaines semaines seront déterminantes. Entre attentes sociales fortes et impératifs pédagogiques, le gouvernement joue une partie délicate : celle de réconcilier l’urgence du présent avec l’ambition de reconstruire l’école sur des bases plus solides.

