Un enseignant exerçant dans un lycée de la place a récemment été interpellé dans le cadre d’une affaire d’exploitation sexuelle présumée impliquant plusieurs élèves mineures. Il est soupçonné d’avoir entretenu, entre 2023 et début 2025, des relations sexuelles avec au moins quatre jeunes filles scolarisées dans l’établissement, en échange d’avantages scolaires.
Entendu par les enquêteurs, le mis en cause aurait reconnu les faits qui lui sont reprochés. Il affirme toutefois ne pas être à l’origine des propositions. Selon ses dires, « ce sont les élèves qui ont suggéré d’avoir des rapports en échange de meilleures notes, notamment la sodomie ».
L’enseignant dit avoir « cédé par faiblesse » et exprime aujourd’hui des regrets, déclarant que « si c’était à refaire, il ne le referait pas ». Père de trois filles, il aurait également confié aux enquêteurs qu’il serait « profondément choqué » si ses propres enfants venaient à se retrouver dans une situation similaire.
Selon les premiers éléments de l’enquête, certaines des élèves concernées auraient effectivement bénéficié d’une amélioration de leurs notes dans les matières enseignées par le suspect, passant notamment de 8 à 10 de moyenne. Les autorités judiciaires cherchent désormais à établir l’ampleur exacte des faits, la nature des pressions exercées et les circonstances dans lesquelles ces actes auraient été commis, ainsi qu’à identifier d’éventuelles autres victimes.
Sur le plan juridique, les spécialistes rappellent qu’en matière de relations entre un adulte et un élève mineur, le lien d’autorité exclut toute notion de consentement. Au Gabon, un enseignant est tenu à une obligation renforcée de protection et de responsabilité, souvent résumée par l’exigence du comportement du « bon père de famille ».
Selon la qualification pénale retenue, atteinte sexuelle sur mineur, corruption de mineur, abus d’autorité ou viol aggravé, les faits reprochés pourraient exposer le mis en cause à de lourdes sanctions, pouvant aller de plusieurs années d’emprisonnement à des peines criminelles, notamment lorsque les actes sont commis par une personne investie d’une autorité sur la victime. Des interdictions définitives d’exercer dans l’enseignement peuvent également être prononcées.
L’enquête se poursuit afin de faire toute la lumière sur cette affaire. L’enseignant bénéficie, à ce stade de la procédure, de la présomption d’innocence. Cette affaire relance, une fois encore, le débat sur la prévention des abus en milieu scolaire avec le phénomène des Moyennes sexuellement transmissibles (MST) et sur la nécessité de renforcer les mécanismes de protection des enfants face aux dérives d’adultes en position d’autorité.

