Le cinéma gabonais est en deuil. Selon des sources proches de sa famille, Van Mabadi est décédé le jeudi en France. Acteur, réalisateur et scénariste, celui que beaucoup connaissaient aussi sous les traits de « Bradock » laisse derrière lui une œuvre marquée par la passion, la sensibilité et un attachement profond aux récits africains.
Natif de Mouila, Van Mabadi s’est imposé au fil des années comme l’un des visages les plus reconnaissables du 7ᵉ art gabonais. Son univers, souvent construit autour des thématiques de l’amour, de la famille et du mystère, a su toucher un public large, au Gabon comme ailleurs sur le continent.
On lui doit notamment des films tels que Le pacte de l’amour (2016), Vacances à plein-ciel (2013) ou encore Amour ou sentiment (2013), des œuvres qui ont contribué à ancrer son nom dans le paysage audiovisuel africain. Son court-métrage Le poids du silence, salué dans un festival africain, avait également mis en lumière son regard engagé et sa capacité à traiter des sujets sensibles avec finesse.
À la télévision, il a marqué les esprits en incarnant le personnage de Bradock dans la série Shanice, rôle qui lui a valu une forte popularité auprès du public. Il a également participé à la réalisation d’épisodes de la série gabonaise à succès Parents mode d’emploi, confirmant sa polyvalence et sa volonté d’investir tous les formats de narration.
Au-delà des œuvres, c’est un artisan du cinéma qui s’en va. Un créateur qui croyait en la puissance des histoires locales, racontées par des Africains et pour des Africains. Dans un secteur souvent confronté au manque de moyens et de structures, Van Mabadi a continué à produire, jouer, écrire, convaincu que l’image reste un outil puissant pour affirmer une identité culturelle.
Sa disparition représente une perte majeure pour le cinéma gabonais, qui voit s’éteindre l’un de ses talents les plus engagés. Mais son héritage, lui, demeure : des films, des personnages, des émotions partagées, et l’inspiration laissée à toute une génération d’acteurs et de réalisateurs.
Repose en paix, artiste, tu as fini ton scénario. Le rideau tombe, mais ton œuvre reste.

